Une reprise très contrastée pour l'industrie aéronautique

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Des bénéfices records pour Airbus, des pertes toujours importantes pour Air France-KLM, et des perspectives optimistes pour le groupe ADP : c'est une sortie de crise à plusieurs vitesses pour l'industrie aéronautique.

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Des spectateurs regardent voler un Airbus A350-1000 au Salon aéronautique de Singapour, le 16 février 2022. Airbus a annoncé cette semaine des bénéfices records. (Illustration) (ROSLAN RAHMAN / AFP)

Si le Covid a lourdement impacté, au cours de ces deux dernières années, l’ensemble de l’industrie aéronautique, la sortie de crise ne s’effectue visiblement pas au même rythme pour les différents acteurs de la filière.  

Le même jour, cette semaine, pendant qu’Airbus annonçait un bénéfice record, de plus de 4,2 milliards d’euros – le plus important de son histoire – Air France-KLM annonçait une perte de 3,9 milliards d’euros, et une nouvelle recapitalisation d’un montant quasi identique : près de 4 milliards d’euros.      

Air France-KLM reste dans le rouge

Même si ses pertes ont été divisées par deux par rapport à 2020, au plus fort de la crise, le rouge est de mise pour Air France-KLM. Le groupe sort la tête de l’eau à la faveur d’une forte reprise sur l’Amérique du Nord, mais le trafic vers l’Asie reste déprimé, et plusieurs frontières sont toujours fermées.

De plus, de nombreuses incertitudes pèsent sur le comportement des voyageurs d’affaires, ils seront à l’avenir moins nombreux, une diminution principalement liée au télétravail.     

Airbus guérit plus rapidement que ses clients, et ce, pour plusieurs raisons.  La première est que, pendant la crise, le constructeur a fortement réduit ses coûts et gagné en compétitivité.

Airbus a par ailleurs bénéficié de reprises de provisions importantes, inscrites dès le début de la pandémie. Enfin, les commandes d’A320 NEO, se sont envolées ces derniers mois. Et l'année 2022 devrait être encore meilleure, puisque Airbus prévoit de livrer 720 appareils, soit 8% de plus que l’an dernier.

Du côté des aéroports, tout va mieux pour ADP

Du côté des aéroports, le groupe ADP va beaucoup mieux, c'est le groupe aéroportuaire gestionnaire des trois plates-formes parisiennes de Roissy, d’Orly et du Bourget. ADP, qui avait perdu 1,169 milliard d’euros, a réduit ses pertes à seulement 248 millions d’euros, l’an dernier.  

"Nous ne brûlons plus de cash et nous redeviendrons positifs en 2022", a affirmé Augustin de Romanet, le PDG d’ADP, qui a salué la solidarité hors du commun des salariés du groupe, qui pour passer la crise ont dû faire face à un plan social et une baisse de leurs rémunérations.  

Au sortir de la crise, l’objectif d’ADP est désormais d’optimiser les installations existantes. Fini pour l’heure les grands projets. Le trafic global devrait retrouver 70%, voire 80% de son niveau de 2019, en 2022. Mais la reprise sera plus lente à Orly et Roissy. 

Et c’est la raison pour laquelle ADP mise sur l’international, avec notamment l’acquisition de l’aéroport d’Almaty au Kazakhstan, ou la concession de la plateforme de Medan en Indonésie. Le nouvel ADP passera par la mise en place d’une nouvelle feuille de route stratégique pour 2022-2025, baptisée "2025 Pioneers" qui vise notamment à faire des aéroports, des plateformes multimodales et d’énergies durables.

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