Qatar Airways et Airbus : le contentieux s'alourdit

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La guerre se poursuit entre Airbus et Qatar Airways. Le constructeur européen a annulé une commande de 50 monocouloirs A321neo de Qatar Airways, une décision qui rajoute un épisode au contentieux avec la compagnie aérienne au sujet d'un autre modèle, le gros-porteur A350 .

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Un airbus A350 de la compagnie Qatar Airways à l'aéroport de Berlin. (Illustration) (PATRICK PLEUL / ZB / DPA / MAXPPP)

C’est un nouveau rebondissement dans le contentieux qui oppose depuis plusieurs mois Airbus et l’un de ses plus gros clients, Qatar Airways. Attaqué en justice pour des défauts de peinture sur ses A350, le constructeur européen a décidé cette fois de ne pas se laisser faire et vient d’annuler la commande de la compagnie de Doha de 50 A321neo, un moyen-porteur aux performances long-courrier.

Une décision sans précédent

Cette décision n’est pas anodine, elle est presque sans précédent, le montant du contrat avoisinait les 5 milliards de dollars. Généralement,  les annulations de commandes sont le fait de compagnies clientes, faute de financement ou de réorganisation de leur réseau.

A l’origine de cette discorde, la dégradation rapide des peintures sur les A350 de la compagnie. Un défaut reconnu par Airbus, mais sans conséquence sur la sécurité des vols, mais qui a toutefois poussé l’autorité de tutelle de Qatar Airways à clouer au sol, près de la moitié de la flotte des A350 de la compagnie.

Qatar Airways réclame près de 620 millions de dollars de dommages et intérêts

Dans cette affaire, Qatar réclame près de 620 millions de dollars de dommages et intérêts et 4 millions par jour supplémentaire d’immobilisation de ses A350. Une revendication rejetée par Airbus qui reproche à Qatar Airways, entreprise publique, d'avoir influencé son autorité de tutelle pour obtenir l'immobilisation des avions concernés, dans le seul but d'obtenir une indemnisation. 

D’autant que Qatar est la seule compagnie à avoir cloué au sol ses A350 et que l’EASA, l'Agence européenne de sécurité aérienne, qui a autorité en matière de certification des avions, a déclaré n'avoir à ce stade identifié aucun problème de sécurité sur les A350 qu'elle a inspectés.

La compagnie de Doha devrait contester l’annulation de cette commande. Elle affirme qu'elle attendait la livraison de ces A321, mais dans le même temps refuse de prendre livraison de nouveaux A350, tant que le différend avec Airbus n'est pas réglé. Le constructeur européen a frappé fort. Une première audience devant la justice britannique est prévu à la fin du mois d’avril.

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