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Pilotes bombardiers d'eau

En raison de la sécheresse, c'est un été à risque pour les pilotes de la base bombardiers d'eau de Nîmes-Garons, Depuis le début de l'année, près de 6000 hectares de végétation sont déjà partis en fumée dans le sud de la France.

Article rédigé par Frédéric Beniada
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
31 mai 2021. Manœuvre d'écopage d'un Canadair de la Sécurité Civile de Nîmes sur le lac Saint-Point. Lac de Malbuisson.  (FRANCK LALLEMAND / MAXPPP)

Installés depuis mars 2017 sur l’ancienne base de l’aéronavale de Nîmes-Garons, après avoir passé près de 50 ans sur l’aéroport de Marseille-Provence, les pilotes "bombardiers d’eau" de la Sécurité Civile, sont les meilleurs alliés des pompiers au sol.

En ce début d’été, ces 87 pilotes sont en alerte maximum, le tout dans un climat social extrêmement tendu. Il y a quelques semaines, la grève au sein de la base a été évitée de justesse, en raison de problèmes récurrents de versement des salaires, d’irrégularités dans les changements d’échelons ou de décisions opérationnelles prises à Paris, sans concertation, bien loin des réalités du terrain.  

Mais revenons sur l’origine de la base des bombardiers d’eau. Sa création remonte au début des années 60, le sud de la France est alors ravagé par des feux très violents. Deux hommes, un sous-préfet, et un pompier, un capitaine de Gardanne, sont convaincus qu’un appui aérien limiterait le nombre d’hectares brûlés.

En 1963, ils louent aux Canadiens deux hydravions Catalina pour combattre les flammes.  Mais il faut encore convaincre les décideurs parisiens. Les premiers Canadair équipés de moteurs à pistons, spécialement conçus pour ce type de mission arrivent six ans plus tard.  

En plus de 50 ans de lutte contre les feux de forêts, l’appui aérien a permis de diviser par 10 les surfaces brûlées. La prévention a beaucoup joué dans la lutte contre les feux de forêts, notamment avec la création d’équipes de forestiers qui entretiennent la forêt toute l’année ; et à la fin des années 80, la mise en place d’une politique d’attaque des feux naissants, en prépositionnant des avions en l’air et des hommes en forêt, les jours à risques.

Canadair C415 : six tonnes d’eau dans deux réservoirs en 12 secondes

Cette mission est aujourd’hui assurée par le Dash 8, à l’origine un avion de transport régional fabriqué la société canadienne Bombardier, transformée en bombardier d’eau avec l’ajout d’un réservoir ventral d’eau ou de retardant. Le Dash 8 a remplacé un autre avion célèbre, le Tracker, un appareil conçu il y a plus de 60 ans pour le compte de l’US Navy dans la lutte anti-sous-marine. Contrairement au Canadair, le Dash 8 comme le Tracker n’écope pas.

Il se ravitaille dans un pélicandrome avec du retardant, un produit qui permet de retarder le point de pyrolyse au-delà duquel les végétaux vont s’enflammer. Le Canadair C415 est lui capable d’écoper six tonnes d’eau dans ses deux réservoirs en seulement 12 secondes.

Les pilotes de ces avions, sont pour la plupart d’anciens militaires issus de l’aéronavale ou l’armée de l’air, En plus de 60 ans, Ils ont sauvé de nombreuses vies, mais ont également payé un très lourd tribut en combattant les flammes. Leur métier est risqué et très clairement mal reconnu par les politiques.

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