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Chroniques du ciel. La compagnie aérienne Corsair en passe d'être sauvée

En grande difficulté en raison de la crise sanitaire, La compagnie Corsair va être rachetée par un consortium de repreneurs antillais, avec le soutien de la Guadeloupe et de l'État français.

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Un avion de la compagnie Corsair sur le tarmac de l\'aéroport d\'Orly (Val-de-Marne), près de Paris, le 24 juin 2020. 
Un avion de la compagnie Corsair sur le tarmac de l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne), près de Paris, le 24 juin 2020.  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Corsair passe entre les mains d'un consortium antillais composé d'acteurs du tourisme et de l'hôtellerie.

Un sauvetage inattendu

C’est un sauvetage inattendu qui redonne un peu d’espoir quant à l’avenir du pavillon français. Au bord de la faillite après avoir été durement touchée par la crise sanitaire, Corsair est sur le point d’être sauvée. La rumeur courait depuis la rentrée de septembre dernier. Elle est aujourd’hui confirmée.

La compagnie, basée à Orly, propriété de l’Allemand Intro Aviation, va être rachetée par un consortium d’entrepreneurs antillais, acteurs majeurs du tourisme, investisseurs privés, collectivités et régions. Les nouveaux actionnaires ont été présentés, cette semaine, aux représentants du personnel lors d’un comité d’entreprise extraordinaire.

Leurs noms sont désormais connus. Il s’agit, entre autres, de deux figures locales, Eric Kourry, l’actuel patron d’Air Antilles et d’Air Guyane, et ancien fondateur d’Air Caraïbes et de Patrick Vial Collet, président "Des Hôtels et des îles" et président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Guadeloupe.

Les repreneurs rachèteraient la totalité des actions

Avec le soutien de l’Etat, cette fois, ce consortium entend recentrer l’activité de Corsair sur l’Outre-Mer pour éviter ainsi toute situation monopolistique et une inflation des prix sur les Antilles. L’Etat, qui en juillet dernier, avait refusé d’aider la compagnie, devrait cette fois mettre la main à la poche, via un prêt de plus de 100 millions d’euros. En difficulté financière, l’allemand Intro Aviation, actionnaire majoritaire de Corsair jusqu’à présent, a jeté l’éponge depuis plusieurs mois. En revanche, des négociations sont toujours en cours avec le groupe touristique TUI longtemps seul actionnaire de Corsair avant de se désengager très progressivement.

Après la vente, il y a quelques mois, de ces derniers Boeing 747-400, pour se concentrer sur une flotte unique d’A330, la signature avec les syndicats de nouveaux accords pour réduire la masse salariale et les rémunérations des navigants, Corsair peut devenir une compagnie compétitive sur les Antilles.

Cette vente devrait intervenir d’ici la fin de l’année

Fondée par la famille Rossi en 1981, Corsair est la compagnie qui a démocratisé le transport aérien sur les Antilles à la fin des années 90. Longtemps filiale de TUI France, elle a failli passer il y a cinq ans ans dans le giron du groupe Dubreuil, propriétaire de French Bee et d’Air Caraïbes.

Elle va donc rester sur le marché où elle a connu ses plus grandes heures de gloire, à l’époque où ses 747, hautement densifiés, étaient baptisés SEA, SEX, and SUN. Peut-être un juste retour des choses pour cette compagnie emblématique.   

Un avion de la compagnie Corsair sur le tarmac de l\'aéroport d\'Orly (Val-de-Marne), près de Paris, le 24 juin 2020. 
Un avion de la compagnie Corsair sur le tarmac de l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne), près de Paris, le 24 juin 2020.  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)