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Chronique du ciel. Interdiction des ordinateurs en cabine ? L'association IATA se mobilise contre Donald Trump

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Les questions de sureté et de menaces terroristes ont largement dominé cette semaine à Cancun, les débats de la 73e assemblée générale de l’Association Internationale du Transport Aérien.

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Agents de la police aux frontières à l'aéroport de Nice, en mars 2017. Image d'illustration. (FRANZ CHAVAROCHE NICE MATIN / MAXPPP)

L'association Internationale du Transport Aérien, IATA, se mobilise contre Donald Trump et le Portable Electronic Device Ban, l'interdiction en cabine des ordinateurs et tablettes.

Huit pays du Moyen-Orient concernés

Au centre des préoccupations des compagnies aériennes, la décision, fin mars, du Président américain, Donald Trump  d’interdire les tablettes et ordinateurs en cabine, pour les passagers en provenance de huit pays du Moyen-Orient, pourtant tous alliés ou partenaires des États-Unis, dont la Jordanie, l’Égypte, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis.

Pour justifier cette mesure, qui concerne aujourd’hui une cinquantaine de vols quotidiens vers les États-Unis, mais aussi le Royaume-Uni, Donald Trump avait à l’époque invoqué une menace d’Al Qaïda, citant l’attaque contre un Airbus de la compagnie Daallo Airlines en février 2016, peu de temps après son décollage de Mogadiscio. L’explosion d’une bombe avait provoqué un trou d’un mètre de diamètre dans le fuselage et tué au passage le terroriste présumé.

Trump veut imposer cette interdiction à toutes les compagnies aériennes

Le problème c’est que Donald Trump veut aller plus loin et imposer cette interdiction aux compagnies du monde entier. Ce qui ne serait pas sans conséquence. D’abord, pour la sécurité du vol. Imaginez ce que pourrait donner un problème de batterie sur un ou plusieurs ordinateurs en soute avec un risque non négligeable d’incendie.  

Cette mesure priverait aussi les passagers affaires, pendant plusieurs heures de vol de leur outil de travail. Et c’est aussi un coût financier important. Si la mesure entrait en vigueur, elle pourrait coûter près de 2,5 milliards de dollars aux compagnies aériennes entre les frais de handling, de charge bagages et les retards engendrés. Le directeur général de IATA, Alexandre De Juniac, déplore que ces décisions soient prises sans aucune concertation et prône avant tout des technologies plus pointues en matière de fouille. 

Intensifier la recherche de traces d'explosifs

Pour prendre de vitesse Donald Trump, IATA propose d’intensifier la recherche de traces d’explosifs, un contrôle plus fin de l’intégrité des ordinateurs et un meilleur ciblage des passagers à risque via l’utilisation du PNR, le fichier sur les données des passagers. Le but est de ne pas freiner la bonne santé du transport aérien.

Pour la première fois cette année, le nombre de passagers transportés devrait dépasser les quatre milliards malgré un bénéfice global en baisse pour les compagnies. A titre indicatif, le bénéfice moyen par passager a atteint l’an dernier 7,69 dollars.

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