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Chronique du ciel. Il y a 90 ans, Charles Lindbergh traversait l'Atlantique

L'exploit de Charles Lindbergh, il y a tout juste 90 ans, a t-il-fait oublier celui des précurseurs de la traversée de l'Atlantique, John Alcok et Arthur Brown, en 1919 ?

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Charles Lindbergh aux côtés de son appareil, \"Spirit of St Louis\", le 31 mai 1927, quelques jours après son exploit.
Charles Lindbergh aux côtés de son appareil, "Spirit of St Louis", le 31 mai 1927, quelques jours après son exploit. (GETTY IMAGES)

Lorsqu’il décide de traverser l’Atlantique, les 20 et 21 mai 1927, Charles Lindbergh est un pilote déjà expérimenté.  Malgré ses 25 ans, il a derrière lui de nombreuses heures de vol pour avoir travaillé sur la ligne postale Chicago-Saint-Louis. Pour se lancer à l’assaut de l’Atlantique et remporter le prix Orteig doté à l’époque de 25 000 dollars,  Charles Lindbergh a besoin d’un avion.

Il convainc des financiers de le sponsoriser et s’adresse à la firme américaine Ryan de lui construire un appareil sur-mesure. L’avion, un monoplan en balsa et en métal est baptisé "Spirit of Saint Louis". L’idée vient de la loge maçonnique à laquelle le pilote appartient et où il a trouvé de nombreux appuis.

Lindbergh sait que, pour emporter les 2000 litres de carburant nécessaire à cette traversée, il doit alléger au maximum son avion. Il supprime le copilote, le navigateur, la radio, les équipements de vol de nuit et le parachute. En gros, il ne reste plus qu’un fuselage, un moteur et des ailes.

Pour tout bagage, les sandwiches de sa mère et une gourde d'eau

Lindbergh va même jusqu’à raboter les semelles de ses chaussures, arrache les pages superflues de son carnet de bord et n’apporte avec lui que quelques sandwichs préparés par sa mère et une gourde d’un litre d’eau.

Une fois aux commandes du Spirit Of Saint Louis, Lindbergh ne voit rien, un immense réservoir lui cache la vue. Pour atterrir il utilisera un périscope amovible.

Spirit of Saint Louis est volontairement instable. Lindbergh se dit que les mouvements de l’avion l’aideront à ne pas s’endormir.  Si l’appareil pique du nez,  ou part en virage, il sera forcément réveillé.

Le 20 mai 1927, à 7 heures 52, à Roosevelt-Field, près de New York, Lindbergh s’installe à bord de Spirit of Saint Louis, et lâche " le condamné à mort vous dit au revoir". Il décolle. D’abord la pluie, le givre, le froid, le brouillard, la fatigue. Epuisé, il aperçoit le sud de l’Irlande, les côtes européennes, la Tour Eiffel, et enfin le Bourget, où il se pose après 33 heures et 30 minutes de vol.  

L'aigle solitaire entre dans l'histoire de l'aviation

Charles Lindbergh, surnommé l’aigle solitaire entre dans l’histoire de l’aviation. Il est acclamé dans le monde entier, La suite de sa carrière, sa sympathie pour le régime nazi et ses affaires de mœurs, sera moins glorieuse.

Son exploit a en tous les cas, fait injustement oublier, celui des britanniques John Alcock et Arthur Brown, 8 ans plus tôt en 1919.

Ils furent les premiers à avoir véritablement réussi une Transatlantique entre Terre Neuve et Clifden en Irlande, malgré un atterrissage chaotique, dans un marécage du Connemara.

 A relire, Mon avion et moi  de Charles Lindbergh. A revoir au cinéma, L’Odyssée de Charles Lindbergh de Bill Wilder avec James Stewart et Murray Hamilton.

Charles Lindbergh aux côtés de son appareil, \"Spirit of St Louis\", le 31 mai 1927, quelques jours après son exploit.
Charles Lindbergh aux côtés de son appareil, "Spirit of St Louis", le 31 mai 1927, quelques jours après son exploit. (GETTY IMAGES)