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Chronique du ciel. Air France : sortir de l’ornière ?

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A quelques jours de la présentation du nouveau plan stratégique d'Air France-KLM, Jean-Paul Bailly, l’ancien président de la Poste et de la RATP a présenté cette semaine à la direction son rapport sur la situation de la compagnie aérienne.

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Sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 24 septembre 2014.  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Comment sortir de l'impasse

Le rapport de Jean-Paul Bailly, ancien patron de la Poste, sur la situation d’Air France ne révèle pas grand-chose. Il vient juste confirmer, une nouvelle fois, sans agressivité et sans parti pris, l’impasse dans laquelle se trouve la compagnie, et le climat délétère qui y règne depuis déjà un certain temps. Le taux de défiance envers la direction dépasse aujourd’hui les 90%.

Jean-Marc Janaillac, le patron du groupe avait sans doute besoin de cet éclairage extérieur avant la présentation, la semaine prochaine de son plan stratégique. S’il n’était pas encore convaincu, il sait désormais qu’il marche sur des œufs. Les salariés d’Air France en attendent beaucoup après les dégâts provoqués par son prédécesseur, Alexandre de Juniac, aujourd’hui patron de l’Association Internationale du Transport Aérien, IATA.

Crispations autour du plan de réforme

Exceptés quelques irréductibles, une grande majorité des salariés d’Air France ont bien conscience que la compagnie doit poursuivre ses réformes pour retrouver le chemin de la compétitivité.
Le problème, c’est que la direction et les syndicats n’ont pas forcément la même lecture des chiffres. Le problème, c’est que certains représentants syndicaux se sont radicalisés au fil des grèves, au fil des conflits. Le problème, c’est que pendant trop longtemps, on a cherché à diviser les différentes catégories de personnel.
En ligne de mire les pilotes, souvent stigmatisés auprès de l’opinion publique, d’où cette crispation et l’incapacité de certains syndicats à désormais regarder la réalité en face.

Preuve que le mal a été identifié. Le plan stratégique présenté, jeudi prochain, par Jean-Marc Janaillac a été baptisé pertinemment "Trust-Together", la confiance ensemble. Une confiance qu’il est indispensable de rétablir avant le début de toute négociation. Or les négociations devraient être lancées dans la foulée de la présentation du plan, ce qui laisse présager un hiver agité du côté de Roissy, siège de la compagnie.

Les sujets de désaccords sont nombreux

Ils portent sur la réelle situation économique et financière d’Air France, sur sa compétitivité, sur la suite du plan Transform, sur le rôle de Transavia, ou le renouvellement de la flotte.
Et le départ de l'ancien PDG de la compagnie, Frédéric Gagey, sacrifié pour restaurer la confiance, n’y changera rien. Il va falloir ratisser beaucoup plus large et apporter du sang neuf, estime Jean-Paul Bailly.

Le seul point sur lequel s’accordent direction et syndicats, c’est la lourde taxation du transport aérien français par rapport aux compagnies concurrentes, mais qui, a elle seule, ne peut tout expliquer.
Pour sortir de l’ornière, Jean-Paul Bailly, propose de s’appuyer sur ce qu’il avait fait à la Poste entre 2003 et 2007. La compagnie fait des efforts pour améliorer sa productivité, en contre-partie, l’Etat lève les facteurs qui font qu’Air France ne se bat pas à armes égales avec ses concurrentes.

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