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La retraite progressive, pour lever le pied en fin de carrière

"Quelle retraite pour vous demain ?". Jusqu'au 5 décembre franceinfo ouvre le dossier de la réforme des retraites. L'occasion de s'intéresser à un dispositif qui permet de lever le pied progressivement : la retraite progressive.

Une femme sénior dans l\'usine Armorlux à Quimper (Finistère). Photo d\'illustration.
Une femme sénior dans l'usine Armorlux à Quimper (Finistère). Photo d'illustration. (MAXPPP)

La retraite progressive est un dispositif très peu connu puisque seules 18 000 personnes en ont bénéficié en 2018, selon la caisse nationale d'assurance vieillesse. Et pourtant, il plaît. Le principe est assez simple. On passe à temps partiel et le manque à gagner en salaire est – presque – totalement compensé par la pension retraite. Un exemple : pour lever le pied, on décide de passer à 80%. On ne touche que 80% de son salaire, évidemment, mais on va percevoir, pour compenser, 20% de sa pension de retraite. On n'est donc pas exactement à 100% du salaire. Quelqu'un qui passe à 80% gagnerait 92% de son ancien salaire net, et un senior qui opterait pour 60% de temps de travail se retrouverait à 85% de son salaire net.

Avoir au moins 60 ans pour bénéficier de ce dispositif

On peut commencer ensuite à tout âge et rester en retraite progressive jusqu'à 72 ans. On peut aussi commencer par passer à 80% la première année et lever le pied petit à petit dans les années qui suivent. Dans tous les cas, il faut réduire au minimum son temps de travail de 20% et au maximum de 80%. En retraite progressive, on doit donc travailler au moins 20% d'un temps plein.

Autre condition, il faut avoir cotisé 150 trimestres. Soit 37,5 ans. Enfin la retraite progressive s'adresse aux salariés non cadres du privé, du secteur agricole, aux indépendants et aux contractuels de la fonction publique. Pour les cadres, c'est possible aussi, à condition de faire modifier son contrat de travail et de passer du forfait jour au temps de travail compté en heures.

Cela n'est pas un acompte. La retraite progressive ne diminue pas les futures pensions de retraite. Mieux, on continue à cotiser, bien sûr, donc on continue d'acquérir des trimestres, pour le régime général, et des points pour le régime complémentaire. Seul bémol à ce dispositif qui a tout pour plaire : votre employeur peut vous le refuser mais ça n'est pas forcément son intérêt. Si vous voulez vraiment ralentir, ça lui permet de s'éviter une rupture conventionnelle ou un licenciement. Et avec la retraite progressive, vous allez lui coûter beaucoup moins cher.

Une femme sénior dans l\'usine Armorlux à Quimper (Finistère). Photo d\'illustration.
Une femme sénior dans l'usine Armorlux à Quimper (Finistère). Photo d'illustration. (MAXPPP)