Emploi : le recours aux contrats courts en nette augmentation

La Dares constate depuis 2010 une forte augmentation des contrats de moins d'un mois, dont les trois quarts sont même inférieurs à dix jours.
Article rédigé par franceinfo, Philippe Duport
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
La part de CDD de moins d'un mois arrivés à terme est passée de 78 % en 2010, à 84 % en 2019. (PATRICK LEFEVRE / MAXPPP)

Au cours de ces dix dernières années, le nombre de contrats courts - on parle des contrats de moins d'un mois - a fortement augmenté. La part de CDD de moins d'un mois arrivés à terme est passée de 78 % en 2010, à 84 % en 2019, dernière année sur laquelle se base la Dares, la direction statistique du ministère du Travail, pour livrer son éclairage sur le phénomène. Moins d'un mois, et souvent beaucoup moins puisqu'en moyenne ces contrats ne durent que six jours. Les trois quarts d'entre eux comptent même moins de dix jours.

Dans presque un cas sur deux les entreprise y ont recours pour faire face à un accroissement temporaire de leur activité et dans un cas sur trois c'est pour remplacer un salarié. Le recours intensif à ces contrats court est concentré sur assez peu d'entreprises : 8 % des entreprises françaises regroupent les trois quarts des contrats à courte durée. Dans la plupart des cas, ils concernent des salariés peu qualifiés. La Dares relève que pour pas moins de la moitié des entreprises concernées, cette pratique n'est pas liée à l'activité, mais à sa politique de gestion des ressources humaines. Une habitude, en quelque sorte, d'avoir recours à des intérimaires.

Les secteurs les plus concernés : le transport, la restauration, la santé...

L'industrie, le transport et l'entreposage ont un taux de contrats courts plus élevés que la moyenne. Pic aussi pour les activités qui comprennent du stockage frigorifique et dans les cartonnages. Idem dans le déménagement, le transport aérien et les activités postales. Un autre secteur est gros consommateur de contrats courts, il s'agit de l'hébergement et de la restauration. Et là les contrats sont vraiment très courts : dans les trois quarts des cas, ces extras ne dépassent pas les quatre jours. Les traiteurs sont dans la même situation.

La santé, l'action sociale ont également souvent recours à ce genre de contrats, mais dans ces secteurs, c'est toujours pour remplacer des salariés absents. L'hôpital et surtout les Ehpad en sont de gros consommateurs. 98 % d'entre eux y avaient eu recours au moins une fois en 2019, dernière année étudiée par la Dares.

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