C'est mon aventure. À 16 ans, il raconte son expédition exceptionnelle sur l'archipel du Svalbard dans l'Arctique

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À 16 ans, ce Rochelais passionné par la voile et le trek en montagne a fondé une association afin d’aider les jeunes comme lui à trouver des sponsors pour financer leurs expéditions.

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Radio France
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Entre courses en voiliers et treks en montagne, Léo Rousse, 16 ans, aime se lancer des défis.  (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

"Pour moi l’aventure, c’est sortir de sa zone de confort. Même proche de chez soi, même sans moyens forcément financiers, c’est aussi prendre le temps d’être hors du temps. C’est possiblement un voyage physique mais aussi intérieur."

A 16 ans, Léo Rousse vit à La Rochelle. Ce lycéen est passionné par la voile et par la randonnée en montagne, entre courses et treks, il aime se lancer des défis. Voilà pourquoi il a créé une association pour aider les ados comme lui à trouver des sponsors pour financer leurs aventures sur l’eau, sur terre ou dans les airs. (LEO ROUSSE)

Toujours à l’affût de nouvelles aventures, Léo Rousse, 16 ans, navigue toute l’année sur son voilier amarré à La Rochelle. Et pour aider les jeunes comme lui à financer leurs expéditions, le lycéen a fondé l'association Team 298. "On est donc ouvert à tous les sportifs sur présentation d’un dossier, précise le jeune aventurier. Les dossiers acceptés seront aidés dans la recherche de partenaires, et dans la mise en contact de ces mêmes partenaires avec les porteurs de projets", détaille le jeune homme.

L’une des expéditions qui a le plus marqué Léo ? Le Svalbard ! Cet archipel de la Norvège est situé dans l'océan Arctique (latitude 78° Nord entre le Groenland à l’ouest, l’archipel François Joseph à l'est et l’Europe continentale au sud). Il s'y est rendu avec le Collège Fénelon Notre-Dame à La Rochelle. Objectif : étudier les effets du changement climatique.

"On a été accompagnés par Heidi Sevestre, docteur en glaciologie et animatrice des émissions Terres Extrêmes sur France 5. Elle nous a appris que si le climat du monde augmente de 1 degré, celui du Svalbard augmente, lui, de 5 degrés". Lors de cette expédition baptisée "Demain, c’est nous",  Léo a creusé avec ses camarades un trou d'1 mètre 70 pour effectuer des relevés météo et étudier la neige.

"En avril, on a observé 10 à 12 degrés de plus que les moyennes enregistrées entre les années 1960 et 1990." Il y a encore une dizaine d'années, on ne comptait pas ou peu d'avalanches au Svalbard. "Aujourd'hui, on en est à déplacer les populations et certaines maisons, qui sont sur des couloirs et sur des trajectoires d'avalanches, les habitants n'ont jamais connu ça", commente Léo.

Et de poursuivre : "notre mission, c’était aussi de revenir avec un regard jeune et avec peut-être une vision différente des adultes pour pouvoir, nous, prendre la parole derrière et dire ce que l'on pense vraiment. Un jeune est peut-être plus innocent, va voir les choses sans doute différemment et être aussi plus créatif dans les solutions, même si elles ne sont pas forcément faisables."

L'expédition « Demain c’est nous » à laquelle a participé Léo Rousse est un travail d’échange sur le changement climatique entre les chercheurs de l’UNIS, the University Center in Svalbard, au Svalbard et un groupe de 11 élèves Rochelais. (NICOLAS DATTILESI)

Sur le glacier de Longyearbreen, Léo a pénétré dans une grotte de glace."On rentre par une espèce de boyau un peu plus gros qu'un homme. Et on se dit qu'on va être dans le noir complet et que ça va être hyper oppressant. Mais en fait pas du tout ! On marche sans aucun souci, on voit des bulles de gaz et des pierres polies pendant des centaines d'années, c'est hyper intéressant. Et on se dit qu'on n'a pas envie que ça disparaisse."

Dans cette grotte, il a même fait une séance de méditation. "On a éteint toutes les lumières, on a fait le silence, c'est très particulier parce qu'on est entourés d'éléments liquides mais solides, on a moins l'impression d'être enfermés. On était en synergie avec ce glacier, tous les sens se mettent en éveil, et il y avait une odeur minérale."

Dans une grotte du glacier Longyearbreen, au Svalbard. (NICOLAS DATTILESI)

Sous la tente, Léo dormait avec deux camarades. "On a dû faire des rondes de nuit pour surveiller l'environnement et les ours au cas où certains approcheraient du campement. C'est le paradis pour eux là-bas. On en compte cinq mille. Et ce sont des moments hyper privilégiés, où on est vraiment dans un silence total, on entend juste la neige et le vent autour." Ce qui rend la nature majestueuse à ses yeux, c'est le fait qu'elle n'ait pas été dénaturée par l'homme. "Hormis les exploitations minières des Russes, tout est préservé et sauvage. C'est sublime."

Pour Léo, il est primordial d’informer la jeunesse sur le changement climatique. "Il faut se retrousser les manches, maintenant, ensemble. On a vécu un truc de dingue pendant dix jours et du coup, toute notre vie on aura envie de se battre pour notre planète qui est si belle et qu'on a envie de sauver. Cette expérience-là m'a changé à jamais."  

L'ASSOCIATION TEAM 298 SUR INSTAGRAM C'EST PAR ICI

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