Vitiligo : un espoir de traitement pour cette maladie qui dépigmente la peau

Cette semaine, Géraldine Zamansky évoque une maladie connue sous le nom de vitiligo. Un nouveau traitement pourrait changer le quotidien des personnes atteintes de vitiligo, cette dépigmentation de la peau. Une nouvelle crème sera disponible dans un an environ, en pharmacie.
Article rédigé par franceinfo - Géraldine Zamansky
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
La dépigmentation de la peau due au vitiligo touche moins de 2 % de la population. (EVA SZOMBAT / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5, nous parle aujourd'hui d'une maladie que beaucoup de Français ont découverte sur le visage d’Édouard Philippe, lorsqu’il était Premier ministre, le vitiligo. Une maladie que la sportive, animatrice, Nathalie Simon, ancienne championne de planche à voile, atteinte de cette dépigmentation sur les mains depuis 24 ans, a décidé de mettre en avant, pour lutter contre les idées reçues. 

franceinfo : Géraldine, vous nous parlez aujourd’hui d’un espoir de solution pour les personnes dont la peau se décolore ?

Géraldine Zamansky : Oui, certains d'entre vous ont peut-être déjà entendu parler d’une crème qui permet pour la première fois de restaurer la teinte de la peau, totalement décolorée par endroit. Car en fait, même une peau dite "blanche" est toujours un peu pigmentée. C’est grâce à des cellules particulières, les mélanocytes.

Dans le vitiligo, elles sont attaquées par des défenses immunitaires, et cela crée ces zones de peau très blanches, comme sur le visage d’Édouard Philippe effectivement. Cela peut être très difficile à vivre. Alors le Pr Julien Seneschal, dermatologue spécialiste du vitiligo au CHU de Bordeaux, a vu des patients se transformer en participant à l'essai clinique international de cette nouvelle crème. Tout leur visage s’était parfois entièrement "rétabli" au bout d’un an.

Ce traitement réussirait à réparer les cellules attaquées ?

Il réussit plutôt à bloquer les effets de cette attaque sur les cellules "colorantes" de la peau. Or, nous avons tous des petites usines dans la peau. Ce sont les cellules "souches", capables de créer plusieurs types de cellules, pour cicatriser une blessure par exemple.

Une fois que l’attaque est stoppée par la crème, ces "usines" peuvent donc, entre autres, produire de nouveaux mélanocytes ! Cela prend du temps. Mais en quelques mois, si les patients de l’essai clinique mettaient bien leur crème tous les jours, la peau retrouvait sa couleur naturelle.

Vous en parlez au passé, comme si ces patients n’avaient plus cette crème aujourd’hui ?

Et oui, car après un essai clinique, il faut du temps pour les validations officielles. La crème vient d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché, donnée par l’Europe. Mais il faut encore un arbitrage français sur son remboursement et son prix. Le Pr Julien Seneschal espère une solution dans un an.

En attendant, il peut y avoir des solutions avec d’autres crèmes, pas vraiment créées contre le vitiligo, et l’exposition modérée au soleil. Car les UV vont stimuler la production des cellules détruites, les mélanocytes, pour protéger la peau en la faisant bronzer. Attention, à condition de le faire en dehors des heures les plus chaudes, et en arrêtant dès que la peau rosit légèrement.

Les patients peuvent déjà atténuer les contrastes. Mais c’est à nous tous, de changer notre regard, pour que cette maladie soit moins difficile à supporter. 

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