Une capsule vibrante pour remédier à la constipation

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Des scientifiques chinois ont proposé à des patients souffrant de formes graves de constipation d'avaler des capsules vibrantes reliées à leur smartphone pour améliorer leur transit. Une nouvelle piste pour ce trouble qui peut d'autant plus altérer la qualité de vie des personnes touchées qu'il est tabou.

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Radio France
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Une personne souffrant de constipation. (RICHARD VILLALON / MAXPPP)

Et s’il fallait avaler une petite capsule vibrante pour échapper à la constipation ? Telle est l’idée originale d’une équipe chinoise qui a publié ses résultats cette semaine. Et c’est surtout l’occasion de parler de ce sujet encore tabou avec Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5 et le samedi sur franceinfo.

franceinfo : Des médecins chinois ont vraiment fait avaler une capsule thérapeutique à des personnes constipées ?

Géraldine Zamansky : Absolument ! Ces 53 personnes ont chacune avalé cette capsule qui mesure précisément 2,67 cm de long et 1,18 cm de diamètre… Elle suit exactement le même parcours que les aliments. Et huit heures après son ingestion, à son arrivée théorique au niveau du colon, la capsule commence à vibrer pendant six heures. Trois ou quatre jours après, le patient peut prendre une autre capsule. L’essai a duré six semaines avec en tout douze capsules. Et comme c’est une étude sérieuse, dans le même temps, 54 personnes ont avalé, sans le savoir, des dispositifs qui ne vibraient pas. Résultat : deux fois moins d’amélioration de la constipation avec les capsules inertes qu’avec les autres.

Mais comment la simple vibration de ces capsules peut-elle traiter la constipation ?

Ces chercheurs chinois sont honnêtes : ils ne sont pas sûrs du mécanisme d’action. Leur hypothèse est que ces vibrations stimuleraient, de l’intérieur, des mouvements de la paroi du tube digestif et faciliteraient ainsi l’évacuation des selles. Il faudra cependant du temps pour valider ou invalider cette hypothèse. En attendant, les 10 à 20 % de personnes touchées ne doivent pas désespérer. Ces statistiques sont floues : elles traduisent bien le tabou qui entoure la constipation chronique. C’est-à-dire une vie avec moins de trois évacuations de selles par semaine. Un problème difficile à évoquer, même avec son médecin. Pourtant, cela peut être urgent si ce mauvais transit s’accompagne de saignements dans les selles, de fièvre, de fatigue ou d’amaigrissement anormal. Il faut alors consulter.

Et même sans ces symptômes supplémentaires, il ne faut pas hésiter à consulter…

Exactement. Car la constipation entraîne parfois d’importantes douleurs. En plus à cause des pressions anormales à la sortie des selles, des hémorroïdes risquent d’apparaître et d’aggraver encore la situation. Sortir du silence est essentiel. Le médecin va parfois tout simplement identifier un médicament responsable de cette constipation. Cela arrive par exemple avec certains anti-douleurs. Bien sûr, il renforcera tous les conseils alimentaires. Pruneaux, kiwis et autres sources de fibres comme les légumes facilitent le transit. Si cela ne suffit pas, l’ordonnance comprendra peut-être des traitements laxatifs ou des rééducations spécifiques. Sans oublier des examens complémentaires en cas de cause plus complexe. Donc vraiment, cela vaut la peine d’en parler, des solutions existent !

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