Une anesthésie générale n’est pas dangereuse pour le cerveau, quelle que soit la dose

L’anesthésie générale est une procédure qui suscite souvent des craintes chez les patients. Une étude confirme pourtant son absence de risque pour le cerveau.
Article rédigé par franceinfo - Daniel Ducret
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
L'anesthésie générale, soit par voie intraveineuse soit par voie inhalée sous forme de gaz que l’on respire, n'est pas dangereuse pour le cerveau. (ALEXANDER SCHULZ / MAXPPP)

Certaines interventions médicales ou chirurgicales impliquent une anesthésie générale chez le patient. Ce n'est pas une procédure anodine, mais face aux craintes que certains formulent, en particulier pour le cerveau, une étude se veut rassurante. Elle est détaillée ici par le docteur Martin Ducret, médecin et journaliste au Quotidien du Médecin.

franceinfo : En quoi consiste exactement une anesthésie générale ?

Martin Ducret : Le principe est d’endormir le patient pour qu’il n'ait pas conscience ni ne ressente de douleurs secondaires à une opération chirurgicale. Pour induire cet état de sommeil artificiel, le médecin anesthésiste utilise des médicaments, appelés hypnotiques, soit par voie intraveineuse soit par voie inhalée sous forme de gaz que l’on respire. Et plus la dose est importante, plus l’état de sommeil sera profond. Il existe également l’anesthésie locorégionale dont le but est d’endormir seulement un membre ou une partie du corps en administrant un produit anesthésiant par piqûre à côté du nerf : par exemple, l’anesthésie péridurale utilisée lors d’un accouchement.

Pour de nombreux patients, l’anesthésie générale suscite des inquiétudes quant à des effets négatifs sur le cerveau, comme des troubles de la mémoire. Qu'en est-il ?

Une étude récente vient tordre le cou à cette idée reçue et confirme qu’une anesthésie générale n'est pas dangereuse pour le cerveau. Cette étude canadienne, publiée en anglais dans la revue médicale américaine JAMA, a recensé chez plus de 1000 patients de plus de 60 ans, l’apparition d’un délire postopératoire, c’est-à-dire des troubles cognitifs survenant dans les 3 jours suivant l’anesthésie. Mais quelle que soit la modalité – anesthésie générale ou locorégionale – ou la dose administrée, l’anesthésie n’est pas responsable de ce type de troubles sur le cerveau.

"Cette étude confirme en effet que l’anesthésie, à condition qu’elle soit menée dans de bonnes conditions, est une procédure qui n’est pas dangereuse pour le cerveau à court et long terme, explique le professeur Franck Verdonk, chef de service d’anesthésie et réanimation à l'hôpital Saint-Antoine et Tenon à Paris. Il faut savoir qu’un accident grave en cas d’anesthésie est extrêmement rare, seulement un cas sur 200 000 chaque année."

Dès lors, quelle est la cause des troubles cognitifs que vous évoquez ?

C’est l’acte chirurgical en lui-même qui est responsable d’une réponse immunitaire pouvant être néfaste sur le cerveau. D’autant plus quand la chirurgie est longue et lourde, comme une chirurgie cardiaque ou orthopédique, spécifiquement chez des patients âgés et fragiles. D’où la nécessité de bien peser le pour et le contre d’une opération, et de stimuler le cerveau du patient après la chirurgie. La présence de l’entourage dans les suites d’une intervention est donc primordiale.

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