L'intérêt des auto-prélèvements dans le dépistage du cancer du col de l'utérus

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Une étude finlandaise conforte l’idée d’améliorer le dépistage du cancer du col de l’utérus en permettant aux femmes de faire le prélèvement elles-mêmes. Les précisions de Géraldine Zamansky. 

Article rédigé par
Géraldine Zamansky - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Un programme d'auto-prélèvement pour dépister le cancer du col de l'utérus va bientôt être mis en place en France pour des femmes de 30 à 65 ans qui ont au moins 4 ans de retard dans leur suivi. (Illustration) (BSIP/UIG / COLLECTION MIX: SUBJECTS RF /  GETTY IMAGES)

Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5 évoque aujourd'hui les résultats d'une étude finlandaise qui s'adressait à un corpus de 700 femmes qui ont pu participer à un programme d'auto prélèvements du dépistage du cancer de l'utérus. Un programme qui devrait être bientôt mis en place en France.

franceinfo : Cet auto-prélèvement en Finlande a été proposé à des femmes qui ne sont pas bien suivies ?  

Géraldine Zamansky : Tout à fait. Ce qui a été réalisé en Finlande pour cette étude, est très proche de ce qui doit bientôt être mis en œuvre en France. Un kit d’auto-prélèvement a été proposé à des femmes qui restaient hors du programme de dépistage du cancer du col de l’utérus. A la place du "frottis vaginal" réalisé par un professionnel, il suffit d’insérer soi-même une sorte de coton tige de quelques centimètres de long. Cela permet de chercher un virus, le papillomavirus. Car s’il s’installe longtemps, il risque d’abîmer les cellules du col de l’utérus et de favoriser l’apparition d’un cancer.  

Dans l’étude finlandaise, sur les plus de 700 femmes qui l’ont réalisé, 20% était porteuses du virus. Et les prélèvements effectués ensuite en laboratoire ont révélé que 7 femmes étaient atteintes de lésions dites de haut grade. C’est-à-dire un stade inquiétant, mais où une ablation locale suffit encore. Or, dans la population générale, le dépistage en trouve deux fois moins. C’est ce que m’a expliqué Eeva Auven, virologue et coordinatrice de cette étude.

Cela montre que l’auto-prélèvement a permis de toucher une population à risque. Des femmes dont les lésions s’aggravent, faute de consultations régulières. Eeva Auven espère que ces résultats vont convaincre son gouvernement de généraliser ce dispositif.

Et vous dites qu’en France, c’est déjà prévu ?  

Oui tout à fait. Selon Stéphanie Barré Pierrel, coordinatrice des programmes de dépistages à l’INCA, l’Institut national du cancer, cela concernera des femmes de 30 à 65 ans qui ont au moins 4 ans de retard dans leur suivi. Celles qui auront un résultat négatif seront rassurées. Il faudra convaincre les autres de poursuivre le parcours diagnostic. Pas d’inquiétude sur ce point, pour le Dr Ken Haguenoer, responsable du centre régional de dépistage à Tours.  

Dans une des études françaises qu’il a coordonnées sur l’auto-prélèvement, plus de 9 femmes dépistées positives sur 10 ont bien été prises en charge. Il m’a raconté qu’au début, le problème était surtout qu’elles avaient souvent peur de mal faire le test. Mais tous les résultats obtenus à Tours comme internationalement montrent que ce n’est pas le cas. D’ailleurs les Pays-Bas ont déjà adopté ce dispositif.  

Pour nous, Stéphanie Barré Pierrel m’a précisé qu’il manque seulement une décision ministérielle d’ordre logistique, pour tout lancer. Espérons qu’elle arrive vite puisqu’aujourd’hui en France, au moins 4 femmes sur 10 échappent au dépistage du cancer du col de l’utérus. Et on rappelle qu’il existe désormais un vaccin recommandé pour les jeunes filles et les jeunes garçons contre le papillomavirus.

>>> Dépistage du cancer du col de l'utérus : comprendre, prévenir, dépister

>>> Vaccination contre le papillomavirus (Ameli)

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