C'est ma santé. Sciatique : sauf rares urgences, patientez avant la chirurgie !

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Cette semaine, on s’intéresse à la sciatique, cette douleur qui descend le long de la jambe. Car une étude vient de montrer qu’elle entraînait moins d’opérations chirurgicales qu’il y a 15 ans.

Article rédigé par
Géraldine Zamansky - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le nerf sciatique peut provoquer de sérieuses douleurs s'il est écrasé, mais attention à la chirurgie trop rapide. (Illustration) (GILAXIA / E+ / GETTY IMAGES)

En dehors de rares urgences, les recommandations sont claires : mieux vaut patienter avant de chercher un chirurgien pour soulager une sciatique. Cette prudence progresserait selon le bulletin épidémiologique hebdomadaire publié par Santé Publique France cette semaine.  

franceinfo : Géraldine Zamansky, vous êtes journaliste au magazine de la Santé sur France 5. C’est étonnant mais ce moindre recours au bistouri est plutôt une bonne nouvelle ?  

Géraldine Zamansky : Exactement. La baisse de ces opérations semble traduire un vrai progrès. Car certains s’en souviennent peut-être : une étude réalisée en 2017 par les hôpitaux eux-mêmes, avait dénoncé des recours inutiles à la chirurgie dans ce cas précis. Des opérations inutiles, cela semble incroyable mais je vais vous expliquer.

La si redoutable sciatique est provoquée par un problème au niveau du bas de la colonne vertébrale. Et plus précisément là où démarre le nerf qui descend jusqu’au pied, on l’appelle donc le nerf sciatique. A sa source, un des coussins qui amortit normalement les chocs entre les vertèbres, un disque, s’est déformé. Il écrase alors la racine du nerf et ça fait très mal.  

Un nerf écrasé à cause d’une colonne vertébrale déformée, on a bien envie de faire réparer ça par un chirurgien ! Pourquoi l’opération serait-elle inutile ?

Attention, elle n’est pas toujours inutile, elle peut même être urgente. Si le nerf est trop écrasé et que le pied devient un peu paralysé par exemple. Mais plus de 8 fois sur 10, la colonne vertébrale est capable de réparer toute seule cette déformation qu’on appelle la hernie discale. Il faut juste lui en laisser le temps.

Les recommandations sont claires : pas de chirurgie avant 4 à 6 semaines de traitements. En faisant, si besoin, appel à un rhumatologue pour une infiltration. Et vous avez maintenant deviné le problème : des patients se retrouvent au bloc opératoire sans avoir bien fait ce parcours.  

Des chirurgiens ne suivraient pas les recommandations, et alors selon cette étude, le nombre de ces opérations diminuerait ?  

C’est l’hypothèse des auteurs : un meilleur respect des règles. Mais ils constatent quand même des écarts importants entre les départements, sans lien avec des activités professionnelles plus ou moins dangereuses pour le dos par exemple. Il y aurait donc encore des anomalies. D’ailleurs dans leur conclusion ils conseillent de faire des investigations sur, je cite, "les caractéristiques des établissements" où ont lieu ces opérations.

Alors je peux à mon tour émettre l’hypothèse qu’ils soupçonnent la logique financière de certaines cliniques privées. Conclusion, les chirurgiens doivent bien sûr être sollicités pour soulager une sciatique quand la douleur résiste trop longtemps. Un excès d’attente peut laisser des séquelles.

Mais, en dehors des urgences évoquées tout à l’heure, il ne faut jamais se précipiter. Car même si le bistouri est dans d’excellentes mains, au bloc opératoire, le risque zéro n’existe pas.

Lire 

Les recommandations de la société française de chirurgie orthopédique et traumatologique

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