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C'est ma santé. Des ratés dans la campagne de vaccination contre le coronavirus Covid-19

On fait le point sur la vaccination dans les cabinets des médecins généralistes. Dix jours après le démarrage de la campagne, il y a des ratés, pas assez de doses livrées, c'est l'expérience vécue sur le terrain par le docteur Jean-Paul Hamon. 

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Une employée d\'une résidence indépendante pour personnes âgées reçoit la première injection du vaccin Pfizer à Villejuif près de Paris, le 4 mars 2021.
Une employée d'une résidence indépendante pour personnes âgées reçoit la première injection du vaccin Pfizer à Villejuif près de Paris, le 4 mars 2021. (THOMAS COEX / AFP)

Le docteur Jean-Paul Hamon, médecin généraliste à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, et président d'honneur de la fédération des médecins de France participe à cette campagne de vaccination.

franceinfo : Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui ne se passe pas comme vous l'espériez ? 

Jean-Paul Hamon : C'est-à-dire que normalement, cela aurait dû se passer de façon fluide. Pour les médecins qui ont des secrétaires, comme il était prévu qu'on ait les vaccins à petites doses, c'est-à-dire 20 ou 30 doses par semaine, on bloquait deux ou trois heures de consultation par semaine, et c'était jouable, d'autant plus que la Caisse d'assurance maladie nous a assurés que c'était possible de le faire, avec l'aide d'un infirmier ou d'une infirmière libérale.

Donc, les vaccins, on va les chercher à la pharmacie une demi-heure avant de commencer la séance. Donc, pas de problème de conservation dans un frigo, on a six heures pour les faire à température normale. Donc, on prépare les doses et avec l'infirmier ou l'infirmière, l'infirmier pique les personnes et moi, j'enregistre tranquillement les personnes sur le site Ameli.fr et tout ça se fait de façon fluide. On peut vacciner 15 à 20 personnes dans l'heure tranquillement. Sauf que là, on est tributaire de la gestion calamiteuse de la direction générale de la santé, qui est incapable de prévoir une gestion des stocks huit jours à l'avance.

Maintenant, la vaccination est ouverte, avec ce vaccin d'AstraZeneca aux plus de 65 ans, ça veut dire que vous pouvez prendre plus de rendez-vous et vous pouvez vacciner plus de personnes ? 

Oui, absolument. Encore que une fois de plus, on va être confronté au manque de doses. 

Et si jamais vous avez assez de doses, est-ce que vous aurez la capacité de répondre à la demande ? 

Écoutez, je pense que oui. C'est-à-dire que, si sur les 29.000 médecins généralistes qui se sont déclarés volontaires, il y a 50 doses par médecin, ça représente une matinée de vaccination, et ça fait 1,5 million de vaccins réalisés. Il n'y a plus qu'à avoir des doses, et ce n'est pas le moindre des problèmes ! 

Une employée d\'une résidence indépendante pour personnes âgées reçoit la première injection du vaccin Pfizer à Villejuif près de Paris, le 4 mars 2021.
Une employée d'une résidence indépendante pour personnes âgées reçoit la première injection du vaccin Pfizer à Villejuif près de Paris, le 4 mars 2021. (THOMAS COEX / AFP)