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C'est ma planète. Les leçons de la crue de la Seine

La crue de la Seine atteindra en fin de semaine le même niveau qu'en juin 2016 soit 6,10 mètres à Paris. Qu'ont fait les communes inondées il y a un an et demi pour prévenir ces crues ?

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La Seine en crue, à Paris, le 24 janvier 2018.
La Seine en crue, à Paris, le 24 janvier 2018. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

La crue de la Seine va donc atteindre le même niveau qu'en juin 2016 où elle avait grimpé jusqu'à 6,10 mètres dans Paris. Mais a-t-on tiré les leçons de cette inondation ? Qu'ont fait les communes inondées depuis un an et demi?

Elles se sont penchées sur leur plan communal de sauvegarde et celui de prévention des inondations : un document établi avec les services de l'Etat et de secours pour savoir comment prévenir les habitants du risque. Quels sont les bâtiments les plus exposés, les écoles à évacuer, les entreprises avec des produits dangereux ? Mais l'ex-maire de Nemours, gravement touchée par les inondations en juin 2016, le rappelait lundi 23 janvier sur franceinfo : quand elle a voulu lire son plan de sauvegarde, un dossier de plus d'une centaine de pages, et qu'il est tombé dans l'eau, cela n'a pas beaucoup aidé.

Du coup, beaucoup d'élus ont travaillé sur des fiches techniques plus pratiques, plus lisibles et même étanches. Des systèmes d'alerte par SMS et réseaux sociaux ont aussi vu le jour. Ils permettent aux habitants de se tenir informer régulièrement de la montée des rivières. Certains ont décidé de surélever leurs meubles ou mettre à l'abri dans les étages leurs affaires précieuses. Les communes ont aussi investi dans des parpaings ou des sacs de sable. La commune de Yerres dans l'Essonne en a acheté plus de mille par exemple. Certains ont même investi dans des pompes et des groupes électrogènes.

Les peintures à peine sèches

Un an et demi à peine après avoir eu les pieds, voire le cou et la tête dans l'eau, les habitants de près de 800 communes en Ile-de-France s'apprêtent à revivre un nouvel épisode douloureux. Certains riverains de Crécy-la-Chapelle, par exemple, en Seine-et-Marne, venaient à peine de finir les travaux de rénovation de leur logement. D'autres ont préféré partir, traumatisés par plusieurs mois d'attente de la décrue et que leur maison puisse être de nouveau habitable. Sur le département, les prix de l'immobilier avaient même chuté de 0,6% juste après les inondations. La fédération française de l'assurance avait chiffré le bilan des inondations de 2016 à plus d'un milliard d'euros. .

En cause, l'urbanisme galopant

L'Île-de-France compte près de 3,5 millions de personnes qui vivent en zone inondable et qui seraient touchées par une crue du niveau de 1910, l'un des plus hauts connus. Celui de la crue centennale, celle qui a une chance sur 100 de se reproduire tous les ans. Vous imaginez bien que l’on n’a pas détruit les logements de ces millions d'habitants. Pour les élus locaux il faut mettre en place davantage de bassins de rétention, consolider les digues notamment des canaux gérés par les voies navigables de France, prévenir les agriculteurs que leur champ seront inondés et, parfois, reconnaître qu'il y a des zones qui doivent rester inconstructibles. Mais c'est souvent ce qui est  le plus difficile à admettre.

La Seine en crue, à Paris, le 24 janvier 2018.
La Seine en crue, à Paris, le 24 janvier 2018. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)