Tardi-Grange, pour mémoire

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Pour ne pas qu'on les oublie, Jacques Tardi et Dominique Grange racontent le parcours engagé et cabossé des militants maoïstes de l'après-mai 68. 

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L'UNE MILITE CONTRE L'ORDRE ETABLI, L'AUTRE EN EST LE GARANT (JACQUES TARDI, DELCOURT / THIERRY CHAVANT, LA GOUTTE D'OR)

Tardi fait luire les pavés de Paris comme personne. Il sait aussi les faire voler quand il dessine mai 68 raconté par sa compagne Dominique Grange.

Guitare en main et poing levé

Dominique Grange fut l’une des égéries du mouvement de contestation. Elle chantait pour les piquets de grève ou dans la cour de la Sorbonne occupée. C’est plus solennel et moins twist que les yéyés qui triomphent alors, mais les compositions de la jeune femme reflètent un engagement qui ne s’arrête pas à la fin du printemps 1968. Bien au contraire.

Petit livre rouge en poche, elle partage les convictions des militants maoïstes de la Gauche prolétarienne. Jusqu’à travailler en usine. Établie, comme se désignent alors celles et ceux qui veulent se confronter au sort des ouvriers. Bien décidée à fomenter la révolution pour défendre les pauvres et les immigrés. Au point de basculer dans la clandestinité quand elle finit par être recherchée.

Pour témoigner de ce parcours, afin – c’est son credo – qu’on n’efface pas les traces de ces combats et de ceux qui les ont portés, Dominique Grange choisit de mêler l’autobiographie et le roman politique. Son double de papier porte la frange volontaire jusque dans la cellule où elle passe plusieurs semaines. Ses compagnons de route des années 1970 reconnaîtront çà et là quelques visages croisés dans une France aujourd’hui révolue, et que Tardi, comme toujours, parvient à faire revivre avec minutie.

Dominique Grange ne renie rien de son parcours. Les auteurs dédient leur livre au libanais Georges Ibrahim Abdallah, militant de la cause palestinienne, en prison en France depuis près de 37 ans, condamné à la perpétuité pour complicité d’assassinat d’un diplomate américain et d’un agent du Mossad israélien.

Élise et les nouveaux partisans, aux éditions Delcourt.

Infiltré chez les flics

Si vous voulez savoir ce qui se passe du côté des gardiens de l’ordre et de la paix, voici Flic, l’histoire vraie du journaliste qui a infiltré la police, adapté en bande dessinée. Le journaliste s’appelle Valentin Gendrot, le dessinateur Thierry Chavant. Le livre relate six mois de la vie d’un commissariat du 19e arrondissement de Paris. Le racisme, les bavures, mais aussi les difficultés d’une profession en profond malaise.

Flic, la BD reportage, aux éditions de la Goutte d’Or. 

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