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Et si la propulsion vélique était l'avenir du transport maritime ?

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Guillaume Le Grand, fondateur et dirigeant de la société TOWT (TransOceanic Wind Transport) est l'invité de Catherine Pottier. Ce chef d'entreprise voit dans la marine à voile un support au développement durable.

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Transoceanic Wind Transport est une société bretonne spécialisée depuis 2011 dans le transport de marchandises à la voile, et fondée par le brestois Guillaume Le Grand (à droite) ici avec le capitaine Ulysse Buquen (à gauche), le 22 août 2016 à Douarnenez à bord du Lun II, un bateau norvégien.  (FRED TANNEAU / AFP)

La société TOWT, pour Transoceanic Wind Transport, est une toute jeune compagnie maritime fondée par le brestois Guillaume Le Grand. Depuis 10 ans, elle achemine des marchandises de l'autre côté de l'Atlantique en affrétant de vieux voiliers traditionnels. Elle a remis en service d'anciennes goélettes, des trois-mâts, d'anciens thoniers également, et elle souhaite aujourd'hui passer la vitesse supérieure, avec la construction d'un voilier cargo qui sera livré à l'été 2023.

"La voile est le seul moyen de décarboner le transport maritime."

Guillaume Le Grand

à franceinfo

Actuellement le fret maritime est dominé par les porte-conteneurs géants qui sillonnent les océans mais qui polluent énormément. Le transport maritime représente, à lui seul, 7% de la consommation mondiale de pétrole, et on estime qu'il émet environ 940 millions de tonnes de CO2 par an.

Un bond dans le passé pour la marine marchande

Aujourd'hui, la marine marchande fait un bond dans le passé et mise sur les cargos à voile pour transporter les marchandises de l'autre côté de l'Atlantique.
Plusieurs sociétés se sont lancées dans l'aventure et Guillaume Le Grand a quitté Douarnenez et sa Bretagne natale pour s'implanter au Havre, d'où il compte assurer ses futures liaisons transatlantiques.
"Actuellement, nous travaillons sur la route transatlantique avec des produits comme le café, le cacao, le thé des Açores ou le rhum", explique le chef d'entreprise qui voit dans la marine à voile un support au développement durable. Un label "Transport à la voile-Anemos" a même été mis en place pour toutes les marchandises transportées par les voiliers affrétés par la société. Ce label garantit une navigations décarbonée et fournit aux clients un numéro de voyage symbole de transparence.


TOWT travaille d'ailleurs beaucoup avec la Grande-Bretagne, les Pays-Bas ou la Scandinavie, car ces pays sont très préoccupés par la question des énergies renouvelables. Le groupe Cémoi compte d'ailleurs proposer dans quelques mois un chocolat haut de gamme grâce aux fèves de caco rapportées de Côte d'Ivoire à la voile.

Guillaume Le Grand, le fondateur de TOWT (Trans Oceanic Wind Transport).   (FRED TANNEAU / AFP)

Le projet Phoenix

La société de Guillaume Le Grand vient de signer un contrat avec un chantier français pour la construction d'un voilier-cargo de 80 mètres de long qui permettra d'économiser 10 000 tonnes de CO2 par an. Le navire, qui devrait être mis à l'eau à l'été 2023, pourra transporter plus de 1000 tonnes de marchandises en une seule fois. Avec une vitesse de croisière de 11 noeuds (environ 20 km/heure), ce futur voilier-cargo pourra rivaliser avec les porte-conteneurs actuels, assure Guillaume Le Grand.


Les bateaux seront équipés de 3000 mètres carrés de voile et devraient pouvoir assurer la transatlantique en 10 jours, ce qui permettra d'économiser plus de 70 000 tonnes de CO2. Actuellement plusieurs groupes comme Cémoi (chocolat), Belco (café), ou Longueteau (rhum) sont engagés dans l'aventure pour transporter ou rapporter des produits sur cinq routes que la société est en train de tester avec des outils virtuels. L'idée est d'assurer dans un premier temps 3 ou 4 rotations par an entre Le Havre, l'Amérique et l'Afrique. Chaque navire a un coût estimé à 10 millions d'euros, et ils ne transporteront pas de conteneurs mais des palettes ou des barriques jugées plus"éco-responsables".

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