Avec le navigateur Romain Pilliard qui prépare son tour du monde à la voile

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Le navigateur Romain Pilliard se prépare au record du tour du monde à la voile d'Est en Ouest. Il nous raconte les préparatifs de son expédition.

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Radio France
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Le navigateur Romain Pilliard. (LOIC VENANCE / AFP)

France Info s'associe au navigateur Romain Pilliard qui va s'attaquer dans un mois au record du tour du monde à la voile d'Est en Ouest, c'est à dire contre les vents et les courants dominants.

Une aventure en double, en multicoque, avec le navigateur espagnol Alex Pella qui est l'un des six marins détenteurs du trophée Jules Verne avec le bateau IDEC SPORT de Francis Joyon en 2017. A l'époque, Joyon et ses hommes avaient mis 40 jours et un peu plus de 23 heures pour boucler leur tour du monde "à l'endroit", d'Ouest en Est.

Contre vents et courants dominants

Le tour du monde à l'envers à bord d'un trimaran est un vrai défi. "En partant de la côte atlantique, on va viser le Cap Horn et non le Cap de Bonne Espérance" explique Romain Pilliard.

L'objectif, c'est donc de passer en priorité le cap mythique, situé au sud de l'Amérique du sud, une zone extrêmement exigeante pour la navigation car les marins rencontrent des vents et des courants contraires. "Les vents font le tour de l'Antarctique d'Ouest en Est", détaille Romain Pilliard et on se retrouve donc avec un vent de face ce qui est très compliqué avec des multicoques qui préfèrent le "vent arrière" lorsque le vent vient de l'arrière du bateau, à l'allure au "près", lorsque le voilier remonte au plus près du lit du vent.

Jusque-là, un seul homme s'est attaqué à ce défi en multicoque, il s'agit du navigateur Yves Le Blevec qui est parti en solitaire en 2017 mais qui a été contraint à l'abandon après un chavirage au large du Cap Horn.

Romain Pilliard et Alex Pella se lancent donc un défi ambitieux ! "On fera sans doute une route plus longue mais plus rapide", explique Romain Pilliard. En fait, il compte bien éviter ces vents de face et trouver des conditions plus favorables pour son trimaran.

À bord du trimaran Use it Again

L'enjeu sportif de Romain Pilliard et Alex Pella va aussi se corser car l'objectif de l'aventure est aussi de prouver que l'on peut faire un tour du monde en recyclant des matériaux déjà utilisés, des cordages, des voiles, des winches et des panneaux solaires de seconde main.

Le trimaran Use it Again est l'ancien bateau d'Ellen Mac Arthur avec lequel la navigatrice anglaise a remporté le tour du monde en solitaire en 2005. "Nous avons voulu donner une seconde vie à ce bateau de légende", explique Romain Pilliard.

Le trimaran, qui avait été abandonné sur un chantier, a été entièrement rénové avec le souci du choix des matériaux, de la transformation ou du recyclage du matériel obsolète. L'idée était de réutiliser un maximum de pièces existantes, d'en trouver d'autres d'occasion et de les transformer pour les adapter au bateau. C'est le cas des voiles par exemple ! Le navigateur a même pousser le concept jusqu'à trouver des solutions pour recyler en externe des matériaux non-utilisés.

Un coup de main pour la recherche scientifique

Romain Pilliard, qui est profondément convaincu des dangers qui pèsent sur notre planète, a choisi de donner un coup de main aux scientifiques qui travaillent sur la pollution sonore des océans. Le trimaran sera donc équipé de capteurs qui permettront d'enregistrer le son des animaux à plusieurs dizaines de kilomètres et d'établir ainsi une carte sonore des océans.


Ces enregistrements seront tres précieux pour comprendre le fonctionnement des espèces sous-marines. Les données seront transmises au professeur Olivier Adam, qui est professeur des universités et spécialiste en bioacoustique. Le scientifique estime en effet que la pollution sonore, produite par l'homme, est la menace la plus grave qui pèse sur le milieu marin.


L'océan n'a jamais été le monde du silence car il grouille de sons divers comme les bruits des mouvements sismiques ou ceux de l'activité de la faune marine, mais depuis une centaine d'années, le développement des activités humaines en mer a entrainé des nuisances sonores très dangereuses pour l'équilibre de l'eco-système marin.

Un départ autour du 25 Novembre

"L'interêt d'un record c'est que l'on part quand on veut", s'amuse Romain Pilliard !
En fait, les 2 hommes s'élanceront dans leur aventure lorsqu'ils jugeront que les conditions sont optimales. Il y a 17 ans, en 2004, le navigateur Jean-Luc Van Den Heed a mis un peu plus de 122 jours pour réaliser un tour du monde à l'envers en monocoque.


En multicoque, l'allure peut être plus rapide mais l'embarcation plus fragile, il faudra donc tenir et encore tenir afin de réaliser ce défi. Seul inconnu, le lieu de départ de ce tour du monde. Et si on se dirigeait vers le sud-ouest de l'Andalousie, Cadix, d'où Magellan est parti en 1519 pour réaliser un tour du monde jusque-là inédit. Réponse dans quelques jours.

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