A première vue, France info

Les chiffres du chômage, par Michel Sapin

A première vue cela s'appelle aller au casse-pipe. Jeudi, à 18h, en tenant une conférence de presse sur le chômage, Michel Sapin, que l'on prenait jusqu'ici pour un homme sérieux et lucide, nous a crédités du plus extraordinaire exercice d'équilibrisme et de contorsionniste entendu depuis le début du quinquennat Hollande.

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Venu en direct devant micros et caméras pour commenter les
chiffres du chômage du mois de novembre, qui venaient tout juste de tomber, et
qui sont mauvais alors que tout le monde les croyaient bons, Monsieur Sapin a réussi
à ne pas en parler du tout. Il les a noyés dans une analyse statistique portant
sur l'évolution de l'emploi par trimestre ou par semestre mais pas par mois.

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Les chiffres sont mauvais mais la tendance est bonne, dit-il

D'où il ressort que l'inversion de la courbe du chômage, promet l'homme, est en
marche. Autrement dit : les chiffres sont mauvais mais la tendance est bonne et
on verra ce qu'on verra en janvier.

A défaut de nous convaincre, Michel Sapin nous a brièvement
rappelé qu'il maitrise la technique de communication apprise à l'ENA dont il
fut l'un des brillants élèves dans la fameuse promotion Voltaire, celle qui a
enfanté les Hollande, Royal et autres Villepin. Une vraie usine à fabriquer des
athlètes spécialisés dans la langue de bois. En l'occurrence, ici, la langue de
sapin.

La France n'est pas loin de son pire record

On dit souvent aux journalistes qu'l ne faut jamais isoler les faits de
leur contexte. Monsieur Sapin a fait hier beaucoup plus fort : il n'a parlé que
du contexte sans parler des faits. Les faits : la hausse de novembre, efface
quasiment la baisse d'octobre, et avec 3.293.000 chômeurs, la France n'est pas
loin de son pire record.

Les +0.5% de novembre ont été zappés par le ministre du
Travail, que beaucoup annoncent bientôt à Matignon. Du coup, c'est tout son
propos qui devient flou. Et comme dirait Madame Aubry, quand c'est flou, y'a un
loup.

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