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Le beau et dur métier de porte parole

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A première vue, ce n'est pas tous les jours facile d’être le porte-parole d’un candidat. Non seulement on est censé parler à sa place lorsqu’il est absent, assurer le service après-vente quand les meetings sont finis. Mais encore trouver le ton, le style et la gouaille qui correspondent à la ligne du parti et à la stratégie du moment. Et surtout si possible ne pas faire de gaffe. Car les propos d’un porte parole sont paroles d’évangile, coincé qu’il est entre la marteau du candidat et l’enclume des journalistes.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Franceinfo (Franceinfo)

Et à ce petit jeu, un point partout, la balle au
centre : les porte-paroles des deux favoris à l’élection présidentielle
viennent de gaffer l’un et l’autre. A gauche autant qu’à droite et pratiquement
au même moment, comme pour faire plaisir au CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) en équilibrant les âneries.

A gauche, voici Madame Vallaut Belkacem, porte parole du
candidat socialiste, qui compare le président Sarkozy à un mélange, dit-elle, "de
Berlusconi et de Poutine avec le vide idéologique de l’un et la brutalité de
l’autre
". Ca prouve que derrière l’ambiance tranquille et "bisounours"
entretenue par leur champion, les partisans de Monsieur Hollande sont largement aussi
agressifs que ceux d’en face.

Et puis, à droite, voilà Madame Kosciusko Morizet, porte parole
du candidat sortant qui, interrogée à la radio sur le prix du ticket de métro,
répond "quatre euros et quelques" au lieu d’un euro 70. Rien de dramatique
en soi. Sauf qu’avant de porter la parole du candidat Sarkozy, Madame Kosciusko
Morizet était ministre des transports et qu’un ministre des transports qui ne
connaît pas les tarifs des transports en commun, là, franchement ça la fout
mal. Ca montre bien le fossé qui sépare les gouvernants des gouvernés, le
gouffre qui isole le pays légal du pays réel.

Grace soit rendue aux porte-paroles ! Ils en disent
souvent beaucoup plus que les candidats.

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