Cet article date de plus de huit ans.
A première vue, cela s'appelle aller au casse pipe. En tenant hier à 18 heures une conférence de presse sur le chômage, Michel Sapin que l'on prenait jusqu'ici pour un homme sérieux et lucide nous a crédités du plus extraordinaire exercice de mystification entendu depuis les débuts du quinquennat Hollande.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Venu en direct devant micros et caméras pour commenter les
chiffres du chômage du mois de novembre qui venaient tout juste de tomber, et
qui sont mauvais alors que tout le monde les croyait bons, Mr Sapin a réussi à
ne pas en parler du tout. Il les a noyés dans une analyse statistique portant
sur l'évolution de l'emploi par trimestre ou par semestre, mais pas par mois,
d'où ressort l'inversion de la courbe du chômage, promesse personnelle du chef
de l'Etat est en marche. Autrement dit : les chiffres sont mauvais mais la
tendance est bonne et on verra ce qu'on verra en janvier.

A défaut de nous convaincre, Mr Sapin nous a brillamment
rappelés qu'il maitrise la techno communication apprise à l'ENA, dont il fut
l'un des brillants élèves dans la fameuse promotion Voltaire, celle qui a enfanté
les Hollande, Royal et autre Villepin. Une vraie usine à fabriquer des grosses
têtes spécialistes de la langue de bois. En l'occurrence la langue de Sapin.

On dit souvent aux journalistes qu'il ne faut jamais isoler
les faits de leur contexte. Mr Sapin a fait, hier, beaucoup plus fort. Il n'a
parlé que du contexte sans parler des faits. Les faits : la hausse de
novembre efface la baisse d'octobre et avec 3 millions 293.000 chômeurs, la
France n'est pas loin de son pire record. Les plus 0,5% de novembre ont été
zappés par le ministre du Travail que beaucoup annoncent bientôt à Matignon. Du
coup, c'est tout son propos qui devient flou et, comme dirait Mme Aubry, quand
c'est flou, il y a un loup.

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