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N. Dupont-Aignan sur franceinfo : "Ce n'est pas à la République de s'adapter à l'Islam, c'est à l'Islam de s'adapter à la République"

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Invité samedi 3 septembre de l'émission "8h30 politique" sur franceinfo, le candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan est revenu sur sa proposition de soumettre un questionnaire aux imams pour leur permettre de prêcher en France

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Radio France
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Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"Ce n'est pas à la République de s'adapter à l'Islam, c'est à l'Islam de s'adapter à la République" : invité samedi 3 septembre de l'émission "8h30 politique" sur franceinfo, le candidat à l'élection présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France, a précisé le projet de questionnaire qu'il destine aux imams de France s'il est élu à l'Elysée.

"Ce sont des questions très simples : reconnaissez-vous l'égalité homme-femme comme un principe fondamental ? Reconnaissez-vous que le port du voile n'est pas une obligation religieuse ?", explique le candidat.

Toute réponse négative à ces questions empêcherait les imams de prêcher en France. "Je pense qu'il est malsain, dans notre société, de continuer avec des ambiguïtés. Il y a une très large majorité des Français qui pratique le culte musulman dans le calme, la sérénité, et en respectant les lois de la Républiques, et puis il y a, parce que l'Etat n'a pas fait son travail depuis tant d'années, des mosquées salafistes et des prêches de haine."

"Qu'est-ce que je constate ? Ça fait vingt ans qu'on dit qu'il faut organiser l'islam de France. Or, il n'est pas organisé, alors je dis : 'Soyons simple, plutôt que de vouloir organiser quelque chose qui n'est pas organisé, passons un contrat avec les imams, et les mosquées seront ouvertes si les imams signent ce contrat avec la République française'", ajoute Nicolas Dupont-Aignan.

"S'ils répondent 'non', s'ils sont étrangers, on les expulse, sinon ils n'ont pas le droit de prêcher."

Calais : "Il faut arrêter l'anarchie migratoire"

Nicolas Dupont-Aignan a par ailleurs estimé qu'il fallait "fermer" les frontières de la France et "expulser les migrants."

"Il faut arrêter cette politique de folie. L'urgence, c'est d'envoyer un signal très clair au monde, la France n'accepte plus l'anarchie migratoire. Si on ne le fait pas, on aura des Calais dans toute la France. Ça ne peut plus durer. Si on veut que le droit d'asile subsiste, il faut que le droit d'asile soit organisé."

"C'est l'anarchie dans cette région [de Calais, ndlr], tout simplement parce qu'on ne traite pas le fond du problème : nos frontières sont ouvertes, et la frontière britannique est fermée, c'est sans fin" souligne Nicolas Dupont-Aignan.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé vendredi que la "jungle" Calais, ce bidonville où vivent de 7.000 à 9.000 migrants, serait démantelée par étapes.

Primaires : "Une privatisation du scrutin"

Au cours de l'entretien, Nicolas Dupont-Aignan, a redit toute son opposition aux primaires : "Ce n'est pas démocratique, c'est la privatisation du scrutin pour maintenir artificiellement en vie de vieux crocodiles politiques complétement carbonisés qui ont échoué."

"On serait dans une démocratie normale, pas un instant François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé qui a été Premier ministre il y a trente ans n'oseraient se présenter, vu le bilan qu'ils ont eus, les pratiques qu'ils ont eues. Je pense que la vraie primaire, c'est le premier tour de l'élection présidentielle" ajoute Nicolas Dupont-Aignan.

Sur Emmanuel Macron : "Il vaut mieux être beau gosse quand on fait de la régression sociale"

Le président du parti Debout La France a par ailleurs dénoncé la "régression sociale" mise en place par l'ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

"Il faut du marketing pour imposer la baisse des salaires, pour imposer la réduction des pensions de retraite, parce que Macron, c'est quand même celui qui a conseillé Hollande, qui a été ministre de Hollande, [qui a mené] une politique de régression sociale. Il faut un bon look : il vaut mieux être beau gosse quand on fait de la régression sociale, donc c'est Renzi [Matteo Renzi, chef du gouvernement italien, ndlr] , c'est Macron, et je dis aux Français, 'ne tombez pas dans le piège du paquet-cadeau, parce que derrière, il y a la politique brutale, injuste, qui est en train de mener l'Europe vers de graves dangers'. "

Interrogé sur la concurrence d'Emmanuel Macron, qui a laissé entendre qu'il serait également candidat à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan a estimé qu'il s'agissait d'un candidat "clair" : "C'est un concurrent clair, parce que c'est le parfait représentant du système financier mondial, de l'oligarchie relookée."

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