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"L'élection européenne ne doit pas être le match retour de la présidentielle", prévient Jean-Christophe Lagarde

Irrité par la "partie de ping-pong" entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, Jean-Christophe Lagarde, tête de liste UDI, souhaite que la campagne se recentre sur les questions européennes de fond. 

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Jean-Christophe LAgarde, président de l\'UDI, à franceinfo le 14 mai 2019
Jean-Christophe LAgarde, président de l'UDI, à franceinfo le 14 mai 2019 (RADIO FRANCE)

"Il faut arrêter de prendre les Français pour des imbéciles", s'emporte Jean-Christophe Lagarde, "l'élection européenne ça n'est pas le 1er, le 2e, le 3e ou le xième match retour de la présidentielle".

Le président de l'UDI et tête de liste du parti aux élections européennes estime, mardi 14 mai sur franceinfo, qu'il faut recentrer le débat sur l'Europe. "Je trouve invraisemblable qu'on cherche à alimenter en permanence cette partie de ping-pong entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron."

Il faudrait que la vie politique ne soit pas otage de la présidentielle à toutes les élections que nous avons.

Jean-Christophe Lagarde

à franceinfo

"Madame Le Pen dit 'Virez Macron' et monsieur Macron attend du vote le fait qu'on le conforte dans sa politique nationale. Mais tout ça, ça n'a rien d'européen" s'agace-t-il. 

"On a évité le débat européen jusqu'à présent" déplore-t-il, et ce, à moins de deux semaines du scrutin, prévu le 26 mai.

L'Europe "en panne et en danger"

Lundi, l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing a jugé "ridicule et grotesque" la présence de 34 listes aux élections européennes. "Il a évidemment raison", reconnaît Jean-Christophe Lagarde, "il y a vraiment des gens qui se servent de cette campagne européenne pour faire de la pub pour autre chose", contrairement à l'UDI qui, selon lui, "poursuit ce combat européen"

"Evidemment que nous sommes la famille de Valéry Giscard d'Estaing, de Simone Veil, on a toujours été aux avant-postes de l'Europe" assure-t-il.

Mais le président de l'UDI alerte : "Aujourd'hui l'Europe est en panne et en danger. Si on ne la transforme pas rapidement, les peuples la rejetteront. Ils ne supportent plus qu'elle soit tâtillonne sur des choses de détail et absente sur des choses essentielles."

Il a notamment insisté sur la protection des frontières "que nous devons assurer en commun", "le rapport de forces que nous devons avoir avec les géants d'internet", ou encore "une stratgéie industrielle commune qui doit être nécessaire".

Le droit à l'avortement, "principale différence" entre l'UDI et LR

Interrogé sur le principal point qui sépare la liste UDI de celle des Républicains, Jean-Christophe Lagarde a évoqué en priorié les droits des femmes. "Avec monsieur Bellamy on a un écart énorme. Nous, nous sommes des partisans du droit des femmes à l'avortement et pas de son retrait." 

Monsieur Bellamy dit "Je serai candidat, je ne défendrai pas mes convictions [sur l'avortement]", mais au Parlement européen on vote régulièrement sur le droit des femmes, sur le droit des minorités, sur le droit des homosexuels.

Jean-Christophe Lagarde

Professeur et auteur de philosophie de 33 ans, François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains aux européennes, est opposé "à titre personnel" à l'IVG mais ne veut pas abroger la loi Veil. Pour Jean-Christophe Lagarde, "c'est la première différence, elle est même incontournable".

Jean-Christophe LAgarde, président de l\'UDI, à franceinfo le 14 mai 2019
Jean-Christophe LAgarde, président de l'UDI, à franceinfo le 14 mai 2019 (RADIO FRANCE)