8h30 franceinfo, France info

Jacques Chirac "irradiait, on ne pouvait qu'être séduit", se souvient Jean-Paul Delevoye

Le haut-commissaire aux Retraites, invité du "8.30 franceinfo", vendredi 27 septembre 2019, explique qu'il existait dès 1980 "une espèce d'énergie" autour de l'ancien président, décédé ce jeudi. 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, invité du \"8.30 franceinfo\", vendredi 27 septembre 2019. 
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, invité du "8.30 franceinfo", vendredi 27 septembre 2019.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Quand on le voyait, il irradiait, on ne pouvait qu'être séduit", se souvient Jean-Paul Delevoye, invité du "8.30 franceinfo", vendredi 27 septembre, en hommage à l'ancien président de la République Jacques Chirac, mort jeudi. Dès 1980, il y avait "une espèce d'énergie", de "mouvement collectif" autour de "l'animal politique", selon ce proche de Jacques Chirac. "Je découvrais la politique, je n'étais pas du tout destiné à cela, je venais d'être élu président du conseil général du Pas-de-Calais", raconte Jean-Paul Delevoye, "j'ai été élevé au biberon gaulliste et je sentais une résonance dans son programme, dans l'homme, dans l'incarnation".

Jean-Paul Delevoye a rencontré Jacques Chirac pour la première fois lors d'un dîner avant un meeting en 1980, alors qu'il préparait la campagne présidentielle de 1981, qu'il perdra : "Déjà autour de lui il y avait, souvent comme chez les animaux politiques, une espèce d'énergie, une espèce de mouvement collectif, une espèce d'entrainement, de motivation", se remémore celui qui a été son ministre de 2002 à 2004. 

"Quand on le voyait, il irradiait, on ne pouvait qu'être séduit, adhérer, et dès qu'on franchissait un pas et dès qu'on rentrait dans cette intimité, on était entraînés, on était emballés, on était motivés. C'était un extraordinaire entraîneur, un extraordinaire manager, et puis derrière ça respirait qu'on n'était pas là pour être élu pour des intérêts de caractère local et de court terme, on était là pour la France et ça nous faisait vibrer", se souvient le haut-commissaire à la réforme des retraites.

"Combien de fois j'ai vu des adversaires dire c'est incroyable, on passe cinq minutes avec lui, on a envie de prendre un pot avec lui", raconte encore Jean-Paul Delevoye, répétant plusieurs fois à quel point "c'était assez fascinant pour des jeunes comme moi, à à peine 30 ans".

Interrogé sur le fait que Jacques Chirac, qui avait fait campagne sur la "fracture sociale" en 1995, a changé de cap pendant son premier quinquennat, Jean-Paul Delevoye répond que "le problème de tous les dirigeants, c'est d'être toujours dans un équilibre compliqué entre le souhaitable et le possible" et rappelle "son sens paysan, le contact humain, il avait compris que l'humanité c'était aussi d'accompagner la souffrance". 

Et l'actuel haut-commissaire à la réforme des retraites de raconter la rencontre entre Jacques Chirac et le père Léon, "personnage mythique dans le Pas-de-Calais, dans la communauté Emmaüs" ; mais aussi les nombreuses fois où l'ancien président, dans sa voiture, appelait aussi untel ou untel "qui perdait un proche, qui perdait un boulot, qui était sur un lit d'hôpital, et c'était toujours discret", conclut Jean-Paul Delevoye. 

Retrouvez l'intégralité de l'émission "8.30 franceinfo" du vendredi 27 septembre 2019 :

Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, invité du \"8.30 franceinfo\", vendredi 27 septembre 2019. 
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, invité du "8.30 franceinfo", vendredi 27 septembre 2019.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)