Cet article date de plus de sept ans.

Julien Dray : "Il risque d'arriver à Juppé ce qui est arrivé à Balladur"

Invité ce vendredi de France Info, Julien Dray, député PS de l'Essonne,  a jugé  que Nicolas Sarkozy faisait une campagne en phase avec son électorat. Mais pas Alain Juppé.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 25 min
Julien Dray, député PS de l'Essonne. (Jean-Christophe Bourdillat / Radio France)

"Nicolas Sarkozy fait une campagne qui n'est pas surprenante. Ceux qui le connaissent s'attendaient à cela", a estimé vendredi sur franceinfo Julien Dray, député PS de l'Essonne. "Il a fait une analyse de la société, de son électorat, il sait que pour gagner la primaire, ceux qui vont se déplacer sont les plus radicalisés. Donc, il joue à fond sa partition. Il ne fait aucune erreur de langage et il sait ce qu'il fait."

Mais "si Juppé gagne (la primaire), il n'est pas en phase avec l'électorat de droite. Je ne pense pas que le cœur de l'électorat de droite soit pour une identité heureuse. Il risque d'arriver à Juppé ce qui est arrivé à Balladur."

En tête des sondages pendant de longs mois, le Premier ministre de François Mitterrand n'avait été qualifié pour le second tour à la présidentielle de 1995.

Il s'est installé un très mauvais climat à gauche

A huit mois de l'élection présidentielle, la gauche est très divisée. "Il s'est installé un très mauvais climat à gauche", a reconnu Julien Dray. "Il y a un sectarisme et tout ce qui va avec, une forme de dogmatisme, de simplification de la pensée, d'excommunication de ceux qui ne pensent pas comme vous. Ce n'est pas ça l'état d'esprit de la gauche."

Aux gens qui disent que le Parti socialiste et le gouvernement ne sont pas la gauche, Julien Dray leur conseille "de lire le programme de la droite". "Ils peuvent préparer les banderoles et compter le nombre de jours de grève qu'ils seront obligés de faire pour empêcher cela. Le moment est venu pour un certain nombre de responsables de gauche de froncer les sourcils. Il faut mettre chacun devant ses responsabilités politiques", a estimé le député de l'Essonne. Pour lui, "la gauche doit savoir préserver l'essentiel : son rassemblement et son unité."

Emmanuel Macron n'a pas un destin à la Kennedy

L'ex-ministre de l'Économie a quitté le gouvernement pour vraisemblablement se lancer dans la course à la présidentielle. "Emmanuel a travaillé dans une équipe et je n'ai pas eu l'impression qu'il avait des divergences telles que cela l'amenait à quitter le gouvernement", estime le député PS de l'Essonne. "Il a été pris par des entourages, des équipes qui lui disent qu'il a un destin à la Kennedy, qu'il faut y aller. Le problème, c'est que ce n'est pas à un destin à la Kennedy qu'il a. C'est un destin qui va conduire la gauche à une fragmentation supplémentaire. Son travail c'est d'être dans la gauche."

Pour la primaire, Julien Dray ne votera pas pour Emmanuel Macron. "Je voterai pour François Hollande. C'est celui qui est le plus à même aujourd'hui de représenter la nécessité de faire une nouvelle étape dans les progressistes."

Si François Hollande n'est pas candidat, "je regarderai quel est le programme d'Emmanuel Macron et s'il y a d'autres candidats. Je me déterminerai par rapport à ce qui correspond à mes convictions."

Islamisme : il y a eu parfois un certain angélisme de la gauche

La gauche est-elle trop complaisante vis-à-vis de la religion musulmane et des manifestations de religiosité ? "Je n'aime pas les manifestations de religiosité. Je suis laïque et je pense qu'il faut bien séparer les choses", a déclaré sur franceinfo, Julien Dray, député PS de l'Essonne. "Je ne suis pas contre la religion. C'est une affaire privée."

"Il y a eu parfois un certain angélisme (de la gauche) parce qu'on a eu l'impression quue tout ça venait de la droite ou de l'extrême droite. Mais il y a aussi des noyaux radicaux, islamistes, qui essaient de déstabiliser. Il faut aussi rappeler les règles. L'espace public, c'est l'espace public."

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite, veut interdire le salafisme. "On va rentrer dans la politique idéologique. Le salafisme c'est une chose et après il y a ceux qui vont jusqu'au bout et tombent dans l'islamisme radical et le terrorisme."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.