8h30 Toussaint-Aphatie, France info

Cécile Duflot : l'affaire Cahuzac est "très dommageable pour ce quinquennat"

Le financement occulte des activités politiques de Michel Rocard évoqué ce lundi pour sa défense par Jérôme Cahuzac, au premier jour de son procès, n'a pas convaincu Cécile Duflot, députée de Paris et candidate à la primaire d’Europe Ecologie- Les Verts.

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Cécile Duflot, députée de Paris groupe Ecologiste, candidate à la primaire d’EELV, dans le studio 221 de Radio France
Cécile Duflot, députée de Paris groupe Ecologiste, candidate à la primaire d’EELV, dans le studio 221 de Radio France (Jean-Christophe Bourdillat)

Au premier jour de son procès pour fraude fiscale et blanchiment, l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a déclaré lundi devant le tribunal correctionnel qu'une partie de l'argent versée sur un compte en Suisse servait à financer l'activité politique de Michel Rocard dans les années 90. "Soit c'est une stratégie de défense et ce n'est pas très glorieux, soit il soulage sa conscience, c'est un peu tard et ce n'est pas très complet", a réagi mardi matin sur franceinfo Cécile Duflot. "Cette histoire restera un des éléments très dommageables pour ce quinquennat", a-t-elle ajouté. 

Le parquet de Paris a requis lundi le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy dans l'affaire de financement illégal de la campagne présidentielle de 2012. "Il faut que la justice fasse son travail", a estimé la député écologiste. Elle a souligné que les partis politiques ne sont pas sur "un pied d'égalité". Et elle assure que son parti, Les Verts, "avait refusé depuis sa création, même quand c'était légal, de recevoir de l'argent d'entreprises privées".

Cécile Duflot va plus loin : "C'est quand même une salle journée pour la politique. Ce que ça sous-entend [le procès Cahuzac et le renvoi de Sarkozy en correctionnelle], c'est que tout le monde n'est pas sur un pied d'égalité. On parle de démocratie, mais si les faits qui sont reprochés à Nicolas Sarkozy sont exacts, comment faire pour financer sa campagne au-delà de ce qui est légal ?", a-t-elle interrogé. "Ce qui est plutôt rassurant pour nous qui auront un budget très inférieur..."

Selon elle, un candidat à la présidentielle mis en examen "c'est quand même très compliqué.(…) Mais il y a d'autres candidats à la primaire des Républicains qui ont été condamnés ou qui ont été plus ou moins mis en cause. Je pense à l'ancien président des Républicains, Jean-François Copé, et à Alain Juppé, qui a été condamné."

Pour Cécile Duflot, il est "difficile pour les magistrats d'instruire une affaire dans ce contexte politique", celui d'une campagne électorale. "Il y a tout le temps une campagne électorale : les hommes politiques qui fraudent ou qui commettent des délits seraient préservés pour soi-disant qu'il n'y ait pas d'instrumentalisation ? Il y a quand même un problème !", a regretté la députée.

"Je suis candidate à la candidature pas parce que je suis une ancienne ministre" mais parce que "je pense qu'il faut que les écologistes prennent le chemin de la majorité et d'une vraie République écologiste", a-t-elle ajouté.

La députée de Paris souhaite que son expérience "soit utile à ce projet". Elle veut  emmener "l'écologie vers une nouvelle page de son histoire".

"Pendant longtemps, les écologistes ont eu raison sur la dénonciation et l'analyse et en même temps n'ont pas été à la hauteur pour être en capacité de porter la majorité et de gagner. Moi c'est cet objectif qui m'intéresse. C'est de faire élire une présidente écologiste pour la France", a déclaré la candidate à la primaire d'EELV.

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Cécile Duflot, députée de Paris groupe Ecologiste, candidate à la primaire d’EELV, dans le studio 221 de Radio France
Cécile Duflot, députée de Paris groupe Ecologiste, candidate à la primaire d’EELV, dans le studio 221 de Radio France (Jean-Christophe Bourdillat)