Propos de Guillaume Peltier : "La barrière avec le Rassemblement national est infranchissable", défend Éric Woerth

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Le numéro 2 du parti Les Républicains a notamment affirmé porter "les mêmes convictions" que le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Rassemblement national.

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Éric Woerth, député Les Républicains de l'Oise, était l'invité de franceinfo lundi 31 mai 2021. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"La barrière avec le Front national ou le Rassemblement national est infranchissable", défend lundi 31 mai sur franceinfo Éric Woerth, député LR de l'Oise, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, après les propos tenus par Guillaume Peltier. Le numéro 2 du parti LR a notamment affirmé porter "les mêmes convictions" que le maire de Béziers Robert Ménard, proche du RN. "Quand on est numéro 2, quand on est dans la même direction, il faut tenter de jouer la collégialité", poursuit-il considérant que le front républicain n'a pas vécu.

franceinfo : Y a-t-il une tentation Le Pen chez une partie des Républicains ? Où en sont les LR après ces déclarations de Guillaume Peltier ?

Éric Woerth : On a un vrai sujet de clarification. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on pense, des choses très différentes. Moi, je respecte les gens. On a le droit de penser différemment, mais ce n'est pas dans la suite et la continuité de la famille politique dans lesquelles je suis. La barrière avec le Front national ou le Rassemblement national est infranchissable. Je vois bien qu'il y a des divergences qui s'accroissent plutôt que des convergences. Je pense à des sujets économiques comme je pense aux sujets régaliens. Chacun est en droit de penser ce qu'il veut. Mais normalement, dans un parti politique, surtout quand on est numéro 2 quand on est dans la même direction, il faut tenter de jouer la collégialité avant de faire des propositions et soumettre l'ensemble des propositions à ses pairs. Sinon ce sont des propositions personnelles, mais il n'y a jamais de proposition personnelle quand on est responsable d'un parti.

Faut-il prendre des décisions ou démettre Guillaume Peltier ?

J'ai entendu les appels à la démission. Tout ça, c'est tellement ridicule. Je pense qu'on a besoin, à un moment donné, de redire ce qu'est LR, ce que pense LR sur beaucoup de sujets existentiels. On est souvent absents du débat pas parce qu'on ne travaille pas. Il y a un travail qui est fait. Christian Jacob mène ce travail avec opiniâtreté, mais ça a bien du mal à émerger.

On a besoin de se fixer un certain nombre de lignes très claires. Et même s'il y a des lignes qu'on peut partager avec la majorité, d'autres qu'on ne partage pas en réalité, c'est la nôtre. C'est ça qui importe.

Éric Woerth, député LR de l'Oise

à franceinfo

Sur le plan économique et social, il y a beaucoup à dire et qui n'est pas dit, pas suffisamment dit, avec beaucoup de puissance et qui pourrait être avancé comme sur le plan que de la tactique politique, de ce qui fait notre ADN politique, qui est une barrière infranchissable avec les thèses de l'extrême droite.

Le front républicain contre Marine Le Pen a-t-il vécu ?

Non, il n'y a aucune raison. Il doit continuer à vivre et à un moment donné, au premier tour, on dit ce dont on a envie, au deuxième tour, on dit ce dont on n'a pas envie. C'est comme ça quand on n'est pas au deuxième tour. Et si on met tout le monde sur le même plan, si on considère que la majorité, c'est comme le Rassemblement national ou comme Mélenchon, alors à ce moment-là, on mélange tout. On mélange des différences d'appréciation politique avec des différences d'appréciation idéologique qui sont bien plus profondes. Nous n'avons aujourd'hui rien à voir avec le Front national ou le Rassemblement national. Je le dis, quitte à choquer un certain nombre d'électeurs qui, nous disent qu'ils veulent une fusion des droites. Évidemment, il n'y aura pas de fusion des droites. Elle a toujours été refusée parce que nous n'avons rien à voir, ni avec l'histoire, ni avec les propositions ou les valeurs qui sont portées par ce qu'est aujourd'hui le Rassemblement national. Je suis autant en opposition avec M. Mélenchon que je suis en opposition avec tout ce qu'il peut dire, qu'avec ce que dit ou ce que pourrait dire ou ce que pourrait faire Marine Le Pen à la tête de l'Etat. Tout cela profite en réalité à elle.

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