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Intrusions violentes à la CFDT : Olivier Faure "condamne toutes les actions qui vont aller chercher l'intimidation"

"Il n'y a aucune raison, à aucun moment que ce soit, d'utiliser la violence ou l'intimidation. Ce n'est pas convenable", a réagi le premier secrétaire du Parti socialiste.

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Olivier Faure, invité de franceinfo lundi 20 janvier 2020.
Olivier Faure, invité de franceinfo lundi 20 janvier 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste "condamne" lundi 20 janvier sur franceinfo les intrusions menées vendredi et lundi au siège de la CFDT par des militants de la CGT Energie. C'est "totalement contre-productif".

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"La position de la CFDT n'est pas celle de la CGT, mais elle est respectable. Elle souhaite aller vers un système universel, qui n'est pas celui du gouvernement", tient à souligner Olivier Faure. "C'est conduire les Français dans l'erreur en laissant penser que le projet présenté au parlement est le projet de la CFDT, de l'Unsa ou de la CFTC. C'est le projet du gouvernement", a-t-il ajouté. Selon le premier secrétaire du parti socialiste, "certains ont fait le choix de négocier, d'autres ont demandé le retrait du projet. Cela mérite le respect dans tous les cas de figure. Donc il n'y a aucune raison, à aucun moment que ce soit, d'utiliser la violence ou l'intimidation. Ce n'est pas convenable".

"Dans ce combat-là, personne ne sera de trop"

Olivier Faure se veut très clair face à ces violences : "Je condamne toutes les actions qui vont aller chercher l'intimidation, alors que le but que nous devons rechercher, c'est l'unité du monde syndical pour obtenir une autre réforme des retraites que celle qui nous ait proposée aujourd'hui. Dans ce combat-là, personne ne sera de trop."

Le premier secrétaire du PS ne veut pas faire "de lien" entre les actions violentes de ces derniers jours et "la mobilisation" contre la réforme. "Je ne veux pas qu'on laisse penser que toutes celles et ceux qui sont contre le projet sont partis dans la violence. Il y a des gens très minoritaires, qui sont dans un état d'excitation qui les conduit à la violence. Il y a la violence de certains policiers. Et il y a la violence symbolique de ce gouvernement qui fait la sourde oreille, alors même que ce projet est rejeté par une immense majorité."

Le gouvernement "ne sait pas dialoguer"

Pour Olivier Faure les responsables du climat tendu actuel sont à rechercher ailleurs. "Depuis un an, il y a une crise des 'gilets jaunes' qui ne s'interrompt pas, à laquelle se superpose celle des retraites, avec un gouvernement qui ne sait pas dialoguer, avec un président de la République qui continue à se prendre pour Jupiter, qui continue à croire que les Français et les Françaises ont, il y a deux ans et demi, adopté un projet", a-t-il expliqué. Le député de Seine-et-Marne rappelle qu'à l'élection présidentielle de 2017, "il y a ceux qui ont choisi la politique d'Emmanuel Macron et ceux qui ont appelé à voter pour lui au second tour parce qu'ils voulaient faire barrage à l'extrême droite. Cela ne lui donnait pas quitus. Il aurait dû être celui qui cherche le consensus".

Olivier Faure tient à rappeler que le système de retraites est l'héritage du Conseil national de la résistance. Selon lui, Emmanuel Macron "est prêt à sacrifier le modèle français en faisant fi de toutes les oppositions en considérant que tout est possible parce que lui le souhaite".

Olivier Faure, invité de franceinfo lundi 20 janvier 2020.
Olivier Faure, invité de franceinfo lundi 20 janvier 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)