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Girondins de Bordeaux lâchés par leur financier américain : "C'est l'occasion de redémarrer sur de nouvelles bases", réagit le maire de Bordeaux

Dès le départ, l'élu trouvait le montage financier du fonds d'investissement King Street "assez étrange". "King Street n'a jamais réussi en deux ans à trouver les revenus escomptés de ce placement", affirme l'élu.

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Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, en juillet 2020.
Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, en juillet 2020. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Le fonds d'investissement américain King Street, propriétaire des Girondins de Bordeaux, a fait savoir, jeudi 22 avril, qu'il ne "souhaite plus soutenir" le club de Ligue 1 de football "et financer ses besoins actuels et futurs". Les Girondins ont été placés sous la protection du tribunal de commerce de Bordeaux.

Un montage financier " assez étrange"

"C'est l'occasion de redémarrer sur de nouvelles bases", a réagi sur franceinfo Pierre Hurmic, le maire EELV de Bordeaux. Dès le départ, l'élu trouvait le montage financier "assez étrange". "King Street n'a jamais réussi en deux ans à trouver les revenus escomptés de ce placement. Dès le départ, indépendamment de la crise, il a réalisé que ce n'était pas l'Eldorado, qu'il escomptait."

Pierre Hurmic  décrit King Street comme "assez étranger au fonctionnement de nos clubs de football". Lorsque le fonds d'investissement américain a racheté le club bordelais il y a deux ans, il assure avoir été "un des rares élus métropolitains à voter contre ce rachat".

Un appel aux "soutiens" du club

"Un mandataire ad hoc" a été nommé pour assister le FC Girondins de Bordeaux  "dans sa recherche d'une solution durable", a expliqué le club dans un communiqué. La direction évoque le contexte économique lié à la pandémie de la Covid-19 et retrait de Mediapro qui a "provoqué une baisse sans précédent des recettes des clubs de football français".

"Je veux bien qu'ils mettent tout sur le dos de la crise, mais ils avaient également payé cher ce club", estime Pierre Hurmic. King Street "s'est endetté avec des prêts émanant de sociétés de prêts américaines" et il y avait "un déficit chronique du club", affirme le maire de Bordeaux.

Selon l'élu écologiste, ce retrait du financeur américain ne marque pas la fin des Girondins de Bordeaux.

"C'est l'occasion de redémarrer sur de nouvelles bases", estime le maire. "Une page va être tournée et tout doit être fait pour mettre en place une solution assurant la pérennité de ce club."

Pierre Hurmic

à franceinfo

Pierre Hurmic en appelle à "tous les soutiens" du club afin qu'ils se montrent "solidaires et vigilants pour que la belle aventure sportive des Girondins, engagée il y a 140 ans, se poursuive". Le maire de Bordeaux assure qu'il a bien l'intention "de s'investir pour faire en sorte que ce club puisse redémarrer sur de nouvelles bases".

Que Jean Castex lève l'"ambiguïté"

Invité à réagir aux dernières annonces du gouvernement concernant le déconfinement, Pierre Hurmic dit ne pas vouloir "de conditionnel autour de la territorialisation". Le Premier ministre a notamment indiqué qu'il n'excluait pas de recourir à nouveau à la territorialisation pour lutter contre la propagation du virus. "Je souhaite vraiment qu'il lève cette ambiguïté, qu'il nous dise, ce seront des mesures qui seront territorialisées", insiste Pierre Hurmic. "Cela mériterait d'être précisé."

Le maire de Bordeaux précise qu'il a demandé à Jean Castex de travailler "davantage avec les territoires, avec les maires". Pierre Hurmic affirme que les Bordelais sont "des Girondins dans l'âme, très attachés à la décentralisation". Il ajoute qu'il a invité le Premier ministre "à faire en sorte que cette sortie du confinement" puisse être "travaillée ensemble en raison de notre connaissance du terrain de nos villes".

Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, en juillet 2020.
Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, en juillet 2020. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)