19h20 politique, France info

Européennes : "Florian Philippot s'est approprié 90% de nos analyses", dénonce François Asselineau

Le président de l'UPR, tête de liste "Ensemble pour le Frexit" était l'invité du 19h20 politique de franceinfo jeudi.

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François Asselineau invité de franceinfo jeudi 9 mai. 
François Asselineau invité de franceinfo jeudi 9 mai.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

François Asselineau, tête de liste "Ensemble pour le Frexit" aux élections européennes, a expliqué jeudi 9 mai sur franceinfo pourquoi il ne voulait pas s'allier à Florian Philippot. "Il a des convictions à géométrie variable", a justifié François Asselineau, accusant le président des Patriotes de s'être "approprié 90% de [ses] analyses".

franceinfo : Le Conseil constitutionnel valide la proposition de référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'Aéroports de Paris. C'est une première manche de gagnée pour les "anti-privatisation". Votre réaction ?

François Asselineau : Je m'en félicite, je trouve ça très bien, je trouve ça formidable. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Nous proposons le référendum d'initiative populaire sur toute matière, sans le verrou de l'Assemblée nationale. C'est-à-dire que ça devrait être au peuple français par exemple, avec 500 000 signatures, de décider de ce qu'il veut sur tous les sujets. Parce que les Aéroports de Paris, c'est très bien, j'espère qu'il ne sera pas privatisé. Mais il y a bien d'autres choses qui vont être privatisées. Par exemple, la Française des Jeux, créée sous François 1er qui ne rapporte que de l'argent à l'État. Il ne faut pas privatiser non plus Engie, ni EDF. En tous cas, c'est notre point de vue, et je pense qu'il faudrait demander l'avis des Français sur toutes ces privatisations.

Vous dites qu'il y a trop de listes (34) alors que vous êtes crédité d'1% de voix. Florian Philippot vous a proposé de faire liste commune pour solidifier le camp du "Frexit". Pourquoi n'avez-vous pas accepté ?

Ce n'est pas moi qui n'ai pas accepté. Nous avons un bureau national à l'UPR. Nous avons eu des grandes concertations, des grandes discussions sur le sujet. Ce qui, semble-t-il, n'est pas le cas de monsieur Philippot. Deuxièmement, on a appris que M. Philippot était allé proposer auparavant la même chose à M. Dupont-Aignan. Donc ça prouve quand même que M. Philippot a des convictions à géométrie variable.

Oui mais il est pour le Frexit, et vous aussi ?

Oui, mais M. Philippot par ailleurs, que cela lui plaise ou ne lui plaise pas, il a l'image, la réputation d'être quelqu'un d'extrême droite. Il a été six ans au Front national dont cinq ans vice-président, où il a couvert par son silence tous les dérapages de la famille Le Pen. De surcroît, il a avalisé également la position de Mme Le Pen qui est contre la sortie de l'Union européenne et de l'euro. M. Philippot aurait très bien pu rejoindre l'UPR. D'ailleurs, on a accueilli récemment une ancienne responsable de La France insoumise, un ancien responsable local du Front national qui ont quitté leur parti politique et qui ont ensuite adhéré à l'UPR en respectant la charte fondatrice. Monsieur Philippot lui, a créé son propre parti, s'est approprié 90% de nos analyses, est allé devant votre confrère Jean-Jacques Bourdin pour expliquer qu'il était le seul à le dire et puis en fait son truc n'a pas marché. Donc, il se retrouve dans la situation d'avoir beaucoup beaucoup moins d'adhérents que nous et il voudrait en fait s'incruster.

François Asselineau invité de franceinfo jeudi 9 mai. 
François Asselineau invité de franceinfo jeudi 9 mai.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)