Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Réseaux sociaux : le business de l'achat de fans

Dans cet extrait du reportage "Manip sur le net" diffusé sur France 2, les journalistes se sont intéressés à une start-up française qui propose sans complexe l'achat de faux abonnés sur les réseaux sociaux. Décryptage. 

CÉLINE CHASSÉ / FRANCE 2

Une simple recherche sur Google nous permet de tomber sur cette agence de markéting digital. AcheterDesFans.com est une jeune entreprise. En deux ans, son directeur Thibaut Trézières affirme avoir vendu près de 7 millions de fans, 10 millions de "followers" et 27 millions de vues à des clients français. Mais ils ne sont pas les seuls sur le marché, les sites d’achat de fans se multiplient sur la toile.

Une notoriété fragile

Selon Thibaut, ses clients appartiennent majoritairement au milieu artistique. Agents et impresarios n’hésitent pas à avoir recours à ce système pour booster la page Facebook ou le compte Twitter d’un de leurs poulains.

Dans cet extrait, un client anonyme contacte l’agence de Thibaut pour s’assurer de la réception de 10 000 fans Facebook. Livraison garantie en temps record. 48 heures pour cette commande, avec la garantie que les fans restent. Car le risque, c’est que quelques semaines après la livraison, la moitié des comptes disparaisse et que les compteurs reviennent à zéro.

Un autre type de clientèle fait aussi appel aux services de l’agence. Des petits entrepreneurs qui ont cruellement besoin de notoriété sur les réseaux. Selon Thibault Trézières, ces particuliers "veulent montrer qu’ils y arrivent, que ça bouge, que leur projet avance." Pourtant, aucun client n’a accepté de répondre aux questions de nos journalistes. La méthode semble peu assumée et la crédibilité des clients est engagée.

Qui se cache derrière ces faux fans ?

Moins chers, temps de livraison resserrés, ces identités numériques ne sont pas générées sur le territoire hexagonal. "On fait appel à des personnes dans les pays à faible coût" déclare Thibaut. Les fans ne sont donc pas Français, ils sont basés en Inde ou au Pakistan où le business des faux "followers" est en plein essor.

Un jeune patron décomplexé

Pour sa part, le jeune patron n’est absolument pas gêné et défend son produit. Il estime que la tromperie en markéting n’est pas un phénomène nouveau. Selon lui, les marques développent une image souvent fondée sur de la publicité mensongère. Ils vont à la pêche aux consommateurs à travers un discours parfois fallacieux. "Les entreprises ont toujours cherché à améliorer leur confiance en trompant plus ou moins leurs clients" insiste Thibaut.

Voilà peut-être le cœur du problème, en amalgamant les concepts de mensonges et de confiance, comment savoir la vraie valeur des marques et la vraie notoriété de certains artistes ? 

Ce sujet vous a beaucoup fait réagir sur Twitter : 

Et certains se demandent pourquoi les réseaux ne font rien pour sanctionner ce genre d'agissement qui est pourtant interdit dans leur règlement:

(DAMIEN MEYER / AFP)