VIDEO. Les multiples changements de vote sur la loi sécurité globale

A l’Assemblée nationale, après les débats vient le temps du vote. Pour, contre, abstention, à priori c’est pas sorcier et pourtant les députés se trompent souvent. Des étourderies, mais aussi des avis qui changent parfois au gré du vent. Bien pratique, surtout quand on n’assume pas son vote.

Dans l’hémicycle, après un vote, les députés ont une semaine pour changer d’avis. On appelle cela "les mises au point". Ca ne change pas le vote, c’est de pure forme, mais ça permet d’afficher une rectification. 

Depuis le début de la législature, selon nos calculs, il y a eu 1 910 mises au point qui concernent tous les groupes. La plupart du temps, les mises au point sont demandées par les députés à la suite d’une erreur.

Par exemple, en ce qui concerne le député Pierre Dharréville (PCF) des Bouches-du-Rhône et ses 17 mises aux points, il s'agit presque exclusivement d'erreurs de siège. Ce dernier a en effet une fâcheuse tendance à s'asseoir à la place de son chef de groupe, André Chassaigne. Pierre Dharréville admet ne pas avoir voté à sa place et avoir corrigé sans qu'il y ait eu de "signification politique".

Pas de signification politique ? Sur certaines lois, on pourrait en douter. Car dernièrement, un texte a fait l’objet de beaucoup de mises au point, celui sur la sécurité globale, 78 précisément dont sept sur l'article 24 qui a fait polémique sur les vidéos de policiers. 

La députée (LREM) de la Drôme, Mireille Clapot dit avoir tiqué sur cet article mais semble avoir oublié son vote. "Je me suis abstenue" nous a-t-elle répondu. Sauf qu'en réalité, Mireille Clapot a voté pour l’article 24, avant de demander une rectification. Un changement purement symbolique qui permet à Mireille Clapot de voter avec la majorité, et en même temps de la critiquer sans faire de vagues. "J’ai évolué, c’est vrai j’avais un doute sur cet article. Quand vous avez autant de réactions, autant d’interprétations, ça veut dire qu’un texte, quoi qu’on en pense mérite une réécriture."

Et certains à la République en Marche, sont coutumiers des revirements, surtout lorsqu’ils votent par procuration. En cas d’absence, leur vote est par défaut le même que celui du groupe. C’est ce qui est arrivé à Caroline Janvier : 18 mises aux points sur la loi sécurité globale.

A la question de savoir si elle a voté pour l'article 24, cette dernière se lance dans une explication alambiquée : "Non, enfin, j’ai signalé au service de la séance que je votais contre cet article. Mon vote a été comptabilisé parmi les votes "pour", mais ma position à moi, elle est contre cet article".  

En cas de désaccord avec son groupe, elle aurait dû trouver elle-même un député opposé au texte pour porter sa procuration, et risquer de froisser son parti. De quoi peut-être expliquer, les 1 021 mises au point demandées depuis 2017 par les députés de la majorité.

La loi sur la sécurité globale est maintenant entre les mains des sénateurs. Seront-ils plus ou moins nombreux que les députés à rectifier leur vote ? On ouvrira l’oeil.  

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