VIDEO. Ces marques qui envahissent les villes de leurs publicités illégalement

Pour faire de la publicité, certaines marques n’hésitent pas à recourir aux bonnes vieilles méthodes : l’affichage sauvage. Une technique efficace pour être vu du plus grand nombre mais interdite par la loi. Pourtant, depuis quelque temps le phénomène progresse et des entreprises s’affichent au format XXL en toute illégalité.

A Paris, il y a quelques mois, la marque de luxe Gucci a transformé une des places les plus connues en gigantesque pub. Une fresque murale réalisée de nuit, sans aucune autorisation. Les grandes villes de France sont prises d’assaut par de nouvelles campagnes de communication agressives qui dégradent l’espace public et donnent du fil à retordre aux agents de la propreté.

"On retrouve parfois jusqu’à 20 cm d’épaisseur d’affiches", nous explique un des agents de la propreté de la mairie de Paris. "Ils font ça en plein jour, des fois ils sont juste derrière nous" s'étonne ce dernier.

Problème, selon l'ajoint de la mairie de Paris en charge de la propreté et de la gestion des déchets, Paul Simondon (PS), les procédures pour sanctionner les entreprises peuvent prendre plusieurs mois et n’aboutissent pas toujours : "Ces procédures sont trop longues, nous voulons pouvoir nous-même verbaliser pour atteindre des niveaux d'amende qui soient dissuasifs pour les entreprises qui n’ont pas encore compris ou qui font semblant de ne pas comprendre que l’affichage sauvage est interdit et que c’est un problème."

Cet été, la célèbre marque de tongs Havaianas a envahi les rues de la capitale et notamment ses quartiers historiques. Contactée, elle n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour toutes ses affiches, la mairie compte lui facturer 8 115 euros de frais de nettoyage. Une bagatelle comparée au milliard d’euros de chiffre d’affaires que l’entreprise réalise chaque année.

Contactées, certaines agences de communication confirment qu'elles agissent en dehors de la légalité mais répondent que la mairie de Paris est trop restrictive. Plusieurs marques, elles, commencent à craindre pour leur image. C’est le cas de Coca-Cola, comme l'explique son directeur de la communication Laurent Turpault : "C’est une prestation que l’on a testé une fois, nous avons décidé de ne pas le renouveler car on trouvait que ça ne véhiculait pas une bonne image et que c’était perçu de manière plutôt négative que positive."

Coca-Cola n’a en revanche pas eu à payer de frais de nettoyage pour cette campagne de pub. Pas vu par la mairie, pas pris. Comme quoi, l’essentiel dans l’affichage sauvage, c’est d’être vu, mais pas trop.