Une photo peu flatteuse de Hollande fait le buzz

Une photo du président de la République prise mardi a été supprimée par l'AFP et Reuters. Le cliché montrait le chef de l'Etat peu à son avantage dans une école du nord de la France, à l'occasion de la rentrée scolaire. Les agences de presse nient toute censure et parlent d'un "problème éditorial".

(Denis Charlet Reuters)

François Hollande, tout sourire, devant le tableau noir d'une classe de l'école Michelet à Denain (Nord). Prise le jour de la rentrée scolaire par le photographe Denis Charlet, le cliché a été envoyé mardi aux agences de presse, qui l'ont alors proposé à leurs clients.

Mais dans l'après-midi, l'Agence France Presse (AFP) s'est ravisée : alors que l'image commençait à faire le buzz sur internet, l'agence a émis un "mandatory kill ", une mention qui oblige les personnes ayant acheté la photo à l'effacer et à ne plus l'utiliser.

Pas de pressions de l'Elysée

L'annulation ou la suppression de contenus de personnes publiques sont très rares, d'où la naissance de suspicions autour de cette décision des agences de presses. Celles-ci nient mercredi toutes pressions du pouvoir.

"Est-ce que la photo a été supprimée parce que l'Elysée serait intervenu pour ne demander de le faire ? La réponse est non, c'est absolument très clair ", tient à préciser Philippe Massonnet, directeur de l'Information de l'AFP, qui reconnait que "la décision de supprimer cette photo n'a fait qu'amplifier le buzz et a accru la suspicion ."

Du côté de Reuters, l'image a également été retirée mardi du fil de photos de l'agence, qui ne propose plus qu'un cliché légèrement différent de celui qui suscite aujourd'hui la polémique. Contactée par France Info, l'agence a refusé de commenter ce choix.

"Cette image serait passée inaperçue si nous n'avions pas attiré l'attention sur elle "

Le problème, c'est que la suppression de cette photo lui a donné plus d'écho que si les agences l'avaient laissée en ligne : depuis mercredi matin, le cliché est largement repris sur le web.

Mercredi après-midi, Philippe Massonet a publié sur le blog de l'AFP un billet consacré à cette "affaire ". Dans ce texte intitulé "Quand "tuer" prolonge l'espérance de vie ", le directeur de l'information de l'agence de photos dit regretter d'avoir oté l'image de son site :

"Non seulement la photo n'est pas "morte" comme nous l'aurions voulu, mais elle est devenue une des images les plus échangées du jour sur les réseaux sociaux en France (...) Le tout alors que cette image (...) serait sans doute passée inaperçue si nous n'avions pas attiré l'attention sur elle en demandant à nos clients de l'éliminer." 

L'image n'aura en effet jamais autant fait parler d'elle depuis que les agences ne la vendent plus...