Un assistant parlementaire PS condamné pour avoir injurié Marion Maréchal-Le Pen sur Twitter

Il avait insulté la députée FN lors de l'élection cantonale partielle remportée par le Front national à Brignoles (Var) en octobre 2013.

Marion Maréchal-Le Pen, députée FN du Vaucluse, le 18 octobre 2014, au Pontet (Vaucluse).
Marion Maréchal-Le Pen, députée FN du Vaucluse, le 18 octobre 2014, au Pontet (Vaucluse). (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Jean Bourdeau, assistant parlementaire d'un sénateur PS, a été condamné, vendredi 28 novembre, à 800 euros d'amende avec sursis, pour avoir qualifié sur Twitter Marion Maréchal Le Pen de "conne" et de "salope", le 13 octobre 2013. La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris l'a en outre condamné à verser 1 000 euros de dommages et intérêts à  la députée FN du Vaucluse et la même somme au titre des frais de justice. 

L'assistant parlementaire, âgé de 26 ans, avait expliqué avoir tweeté en réaction aux "débordements qui ont eu lieu" à l'issue de l'élection cantonale partielle remportée par le Front national à Brignoles (Var) en octobre 2013. Il reprochait à Marion Maréchal-Le Pen sa passivité devant des militants FN criant "On est chez nous !" en face "des immigrés de première et deuxième génération rassemblés devant la salle des fêtes" de la ville.

Les injures visaient "l'élue, et non la femme", selon lui

Poursuivi pour injure publique envers une personne privée, Jean Bourdeau, alors assistant de Jean-Pierre Michel, ex-sénateur socialiste de Haute-Saône, avait affirmé avoir visé "l'élue et non la femme (...) dans un cadre politique". Il espérait ainsi obtenir la relaxe en faisant juger que Marion Maréchal-Le Pen n'avait pas engagé ses poursuites sur le texte de loi adéquat.

Le tribunal a rejeté son argumentation : "C'est à juste titre que Marion Maréchal-Le Pen rétorque que la poursuite est correctement qualifiée puisque les invectives employées, même en tenant compte des éléments intrinsèques comme extrinsèques au message dont elles sont extraites, ne caractérisent pas des actes" se rattachant à sa fonction ou à sa qualité de députée.

Au printemps, l'humoriste Nicolas Bedos a été poursuivi devant le même tribunal, après avoir, dans une chronique parue en 2012, dans l'hebdomadaire Marianne, qualifié Marine Le Pen de "salope fascisante". La présidente du FN n'avait poursuivi pour injure que le premier de ces deux termes. Le tribunal avait relaxé l'humoriste, estimant qu'il était "parfaitement clair pour tout lecteur que la chronique en cause se situe dans un registre aux accents délibérément provocateurs et outranciers, revendiqué comme tel".