"Tous les 3 jours environ, j'allais déposer de l'argent en liquide, dans une mallette, au Crédit du Nord", dit un témoin

Telles sont les déclarations, dimanche au "Parisien", d'Alexandre Galdin, un ancien membre de l'association de financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, entendu comme témoin dans l'enquête sur l'affaire Karachi.

Edouard Balladur (5 mai 2010)
Edouard Balladur (5 mai 2010) (AFP/Miguel Medina)

Telles sont les déclarations, dimanche au "Parisien", d'Alexandre Galdin, un ancien membre de l'association de financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, entendu comme témoin dans l'enquête sur l'affaire Karachi.

Alexandre Galdin ajoute qu'il ne connaissait pas l'origine des fonds, que cette question n'a "jamais" été évoquée. "Je pensais alors qu'il s'agissait de fonds secrets de Matignon. Tout le monde, au QG, le subodorait", dit-il.

"Même si nous n'en parlions pas à l'époque, la thèse selon laquelle cet argent liquide pourrait provenir de rétrocommissions liées aux contrats d'armement me paraît également plausible. En tout cas, elle doit être explorée", poursuit-il dans l'hebdomadaire dominical.

La justice s'interroge sur des rétrocommissions destinées à la campagne Balladur
La justice s'interroge sur l'existence d'éventuelles rétrocommissions liées à la vente de sous-marins au Pakistan qui auraient été destinées au financement de la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre en 1995.

"Impossible" que les fonds proviennent de meetings ou de quêtes
Pour Alexandre Galdin en tous cas, c'était "impossible" que les fonds proviennent des meetings politiques ou des quêtes. "Les explications d'Edouard Balladur, à cet égard, sont évidemment mensongères", affirme-t-il.

3 millions de francs, soit 6 mallettes
Le 26 avril 1995, "le volume d'argent (déposé à la banque) était tel que ce n'est pas une mallette mais une valise en faux cuir marron, de très mauvais goût, que j'ai apportée à la banque", poursuit Alexandre Galdin, estimant à "peut-être 3 millions de F, soit l'équivalent de six mallettes", le montant de ce dépôt. Ce jour-là, le trésorier de la campagne Balladur, René Galy-Dejean, l'accompagnait, dit-il.

Entendu le 15 février comme témoin assisté par le juge van Ruymbeke, chargé d'enquêter sur un volet financier de l'affaire Karachi, René Galy-Dejean avait fait état d'un dépôt en espèces de 3 millions de F, le 26 avril 1995, selon son PV d'audition cité par Le Monde et Médiapart. Il s'était en revanche affirmé incapable d'expliquer un versement de 7 millions de F en faveur du candidat battu en 1995.

Au printemps 2010, le quotidien Libération avait fait état d'un document récapitulant un versement de 10 millions de F (1,5 million d'euros) au Crédit du Nord ce même 26 avril.

Des allégations jugées "infondées" par Balladur
Edouard Balladur juge "parfaitement infondées" les allégations sur un financement politique occulte. Les juges Marc Trévidic et Yves Jannier suivent de leur côté la piste d'un arrêt des commissions sur un contrat d'armement franco-pakistanais signé en 1994 pour expliquer l'attentat de mai 2002 à Karachi, qui avait fait 15 mort, dont 11 salariés français de la Direction des constructions navales (DCN).