Toulouse : Eva Joly parle de "violation du code de procédure pénale" au sujet du rôle de Claude Guéant

Eva Joly a dénoncé jeudi 22 mars le rôle médiatique joué par le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, dans l'assaut par les policiers du Raid contre le tueur présumé Mohamed Merah à Toulouse, y voyant "une violation du code de procédure pénale".

Eva Joly
Eva Joly (AFP)

Eva Joly a dénoncé jeudi 22 mars le rôle médiatique joué par le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, dans l'assaut par les policiers du Raid contre le tueur présumé Mohamed Merah à Toulouse, y voyant "une violation du code de procédure pénale".

La candidate écologiste à la présidentielle, Eva Joly, s'est interrogée sur le rôle du ministre de l'intérieur dans l'assaut contre Mohamed Merah à Toulouse.

"Qu'a fait le ministre sur place en commentant en permanence, heure par heure, ce qui se passait ? Il a créé de la confusion. Quel est son rôle ? Ce n'est pas lui qui dirige les opérations ! C'est une violation du code de procédure pénale !", a lancé l'ancienne juge d'instruction dans une interview à Radio Orient.

Selon elle, "ces opérations auraient dû être dirigées par un juge, à l'extrême limite par le Parquet".

"J'ai été magistrate pendant plus de vingt ans (...) J'ai eu à faire face à des prises d'otage. Et j'ai appelé le Raid ou le GIGN. Je connais leur pertinence, je sais qu'on peut leur faire confiance, mais c'était moi qui dirigeais les opérations et non pas le ministre", a argumenté Mme Joly.

"Arrière-pensée politique"

"En matière criminelle, l'instruction est obligatoire. Le premier meurtre remonte au 11 mars. Le délai raisonnable pour ouvrir l'instruction est déjà fini. En tout état de cause, le ministre n'y a pas sa place", a-t-elle également jugé.

Pour la candidate d'EELV, le rôle du ministre "créé la suspicion sur le mode d'interpellation choisie". "Les citoyens peuvent se demander pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas choisi d'interpeller Mohamed Merah lorsqu'il sortait de son immeuble et qu'il prenait son scooter ? On aurait peut-être pu le faire avec beaucoup moins de déploiement de moyens. Est-ce qu'il n'y avait pas là une arrière-pensée politique ?", a-t-elle demandé.

Si M. Guéant "était resté Place Beauveau, on aurait laissé le Procureur de Paris, M. Molins, agir ou le juge en charge de l'enquête. Parce que le ministre était là, on peut se dire peut-être qu'il y a eu une forme de mise en scène", estime Mme Joly.