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Sarkozy dément un éventuel financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi

Le candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy a balayé lundi 12 mars sur TF1 les soupçons qui pèsent sur un éventuel financement de sa campagne présidentielle de 2007 par Mouammar Kadhafi, qualifiant cette hypothèse de "grotesque".
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Nicolas Sarkozy à l'émission "Paroles de candidats" sur TF1 mardi 13 mars (AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG)

Le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy a balayé lundi 12 mars sur TF1 les soupçons qui pèsent sur un éventuel financement de sa campagne présidentielle de 2007 par Mouammar Kadhafi, qualifiant cette hypothèse de "grotesque".

Nicolas Sarkozy a qualifié lundi soir sur TF1 de "grotesque" un éventuel financement de sa campagne présidentielle de 2007 par Mouammar Kadhafi. Ce doute a été évoqué dans un document publié lundi par le site d'information Mediapart (article payant), relatif à l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi.

"S'il l'avait financée (la campagne), je n'aurais pas été très reconnaissant", a ironisé le président-candidat, en allusion à l'intervention armée de la France dans le cadre d'une opération de l'Otan qui a fait chuter le régime de Kadhafi (mars-octobre 2011).

"Entretiens préalables entre ZT et Saïf al islam"

Mediapart a publié lundi une note laissant penser que l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi aurait financé à hauteur de 50 millions d'euros la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Dans la soirée aucune indication n'était disponible sur le crédit que les enquêteurs chargés du dossier Karachi apportent à ce document.

Celui-ci indique notamment que ce sujet d'un financement de la campagne de 2007 a fait l'objet d'"entretiens préalables entre ZT et Saïf al islam", en référence, selon Mediapart, à l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine (personnage-clé de l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi, ndlr) et au fils de Mouammar Kadhafi.

En mars 2011, Saïf al Islam avait affirmé dans un entretien à Euronews que la Libye avait financé la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007.

"C'est grotesque"

Interrogé sur cette accusation par la journaliste de TF1 Laurence Ferrari, Nicolas Sarkozy a répondu : "Je suis désolé pour vous que vous soyez la porte-parole du fils de Kadhafi, franchement, je vous ai connue dans un meilleur rôle".

"M. Kadhafi, qui est connu pour dire n'importe quoi, avait même dit qu'il y avait des chèques ! Eh bien que son fils les produise !" a-t-il enchaîné.

"C'est grotesque et je suis désolé que sur une grande chaîne comme TF1, on doive m'interroger sur les déclarations de M. Kadhafi ou de son fils". "Quand on cite M. Kadhafi, qui est mort, son fils, qui a du sang sur les mains, qui est un régime de dictateurs, d'assassins, dont la crédibilité est zéro (...) franchement, je pense qu'on est assez bas dans le débat politique", a-t-il déploré.

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire enquêtent sur un éventuel financement illicite de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 via des rétrocommissions sur des contrats d'armement. M. Takieddine a été mis en examen pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" dans cette affaire.

Sarkozy renvoie la responsabilité à la gauche

Un peu plus tard dans la soirée, Nicolas Sarkozy a démenti que son quinquennat ait été émaillé par une succession "inédite" d'affaires en rappelant les scandales du Rainbow Warrior ou des écoutes de l'Elysée durant les septennats de François Mitterrand.

Interrogé par le journaliste Michel Field qui évoquait une succession "inédite" d'affaires, dont les affaires Karachi, Woerth-Bettencourt ou encore l'arbitrage en faveur de Bernard Tapie, M. Sarkozy a rétorqué : "Vous dites une succession inédite d'affaires ? Vous avez sans doute oublié le Rainbow Warrior ! A l'époque (en 1985), le Premier ministre était Laurent Fabius et le président François Mitterrand !"

Quant à l'affaire Bettencourt, "y-a-t-il une preuve ? Ai-je été condamné ?" a demandé M. Sarkozy. Et s'agissant de Karachi, il a affirmé que le "contrat" d'achat de sous-marins Agosta par le Pakistan avait "été signé sous François Mitterrand et quand j'étais ministre du Budget, j'avais dit qu'il ne fallait pas le signer", a-t-il enchaîné.

Face à ces doutes, la porte-parole de François Hollande, Delphine Batho, a appelé le président-candidat à "s'expliquer sur la nature de ses relations passées avec le colonel Khadafi" lundi dans un communiqué

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