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Revue de presse : un "élan" insufflé qui pourrait "s'essoufler"

A l’étranger comme en France, la presse salue la primaire socialiste comme une avancée démocratique. Mais le candidat PS à l’élection de 2012 va avoir fort à faire pour vaincre le président sortant Nicolas Sarkozy.
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François Hollande et Nicolas Sarkozy en discussion dans la zone d'activité de Tra-le-Bos - Egletons (Corrèze) en avril 2011 (PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP)

A l'étranger comme en France, la presse salue la primaire socialiste comme une avancée démocratique. Mais le candidat PS à l'élection de 2012 va avoir fort à faire pour vaincre le président sortant Nicolas Sarkozy.

Pour le journal allemand Die Zeit, François Hollande est entré dans la course à la présidentielle contre Nicolas Sarkozy, précisant que l'ancien Premier secrétaire du Parti socialiste a de "bonnes perspectives" face au président sortant.

Le New York Times est plus critique. Comparant la France et la Corrèze, dont François Hollande est le président du conseil général, le quotidien explique que le candidat socialiste n'a aucune "expérience gouvernementale".

Le Guardian voit en la victoire de ce dernier le triomphe de M. Ordinaire, décrivant le candidat à l'élection présidentielle comme un "homme tranquille" qui a toujours œuvré dans l'ombre.

Pour l'influent journal de centre gauche de Madrid, El Pais, "Hollande, centriste par tempérament et très académique dans son expression, est certainement celui qui offre le plus grand contraste avec l'hyperactif et imprévisible Sarkozy."

Le Soir, le plus influent des journaux francophones en Belgique, qualifie la primaire inédite en France de "revigorante pour la démocratie". Mais, ajoute-t-il lui aussi, "tout reste à faire" pour François Hollande, à la tête d'une gauche qui va devoir "faire le grand écart entre le courant de Manuel Valls (considéré comme la droite du PS ndlr) et celui d'Arnaud Montebourg (sa gauche ndlr)".

Légitimité
Le Point souligne que la victoire de François Hollande avec 57% des voix donne au candidat à la présidentielle une "légitimité incontestable".

Même point de vue de Libération, qui fait sa Une sur "Le nom de la rose" et précise que François Hollande est désormais en situation de succéder à l'unique président de gauche de la Ve République, François Mitterrand. Mais le directeur de Libération, Nicolas Demorand, met en garde le Parti socialiste, qui "devra être uni et au service du candidat désigné par les sympathisants de gauche".

Pourquoi François Hollande fait peur à Nicolas Sarkozy, s'interroge Le Plus du Nouvel Obs ? Le site rapporte que le candidat "normal" fait "peu d'erreurs", contrairement à Ségolène Royal.

Une famille unie ?
L'Express ironise sur la photo de famille du parti socialiste, qui tente selon le journal de théâtraliser sa "réconciliation". Il s'agit pour les socialistes d'afficher une vraie unité afin d'éviter le traumatisme de 2007, explique l'hebdomadaire sur son site.

Il est vrai que François Hollande revient de loin, note Le Figaro. En 2008, le congrès de Reims a vu Martine Aubry s'emparer du Parti socialiste. "Vilipendé par tous les socialistes, rendu responsable du chaos dans lequel le parti a sombré, il [François Hollande] sort épuisé de onze ans au poste de premier secrétaire."

Réorganisation du PS
Mais déjà, le rassemblement s'annonce compliqué alors que les pro-hollande réclament une réorganisation interne du parti, rapporte Le Post lundi matin. C'est Julien Dray qui a lancé la première salve dimanche soir sur I>Télé. "Il faut qu'il y ait un rééquilibrage à l'intérieur de la direction qui permette justement que les équipes se fondent pour qu'il y ait effectivement osmose".

Un parti socialiste qui n'a pas encore totalement tourné la page de la querelle des chefs donc. Mais qui peut au moins se targuer d'avoir fait de la primaire un évènement rentable, selon Owni qui propose d'en faire les comptes, avec une infographie.

Sur Slate, Jean-Marie Colombani rappele que l'élan insufflé par la primaire PS risque de s'essouffler car il reste tout de même 200 jours avant l'élection présidentielle. "L'élan donc est d'autant plus nécessaire que la vraie bataille va pouvoir commencer. Et que l'adversaire se nomme Nicolas Sarkozy, lequel n'est jamais plus à l'aise que le dos au mur."

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