Le métier d’enseignant fait toujours rêver mais pas suffisamment

Le métier d’enseignant attire encore. C’est la conclusion d'un rapport du Conseil national d'évaluation du système scolaire, paru lundi 7 novembre. Le métier attire, mais cela pourrait être encore mieux, précise le texte qui suggère des pistes pour susciter davantage de vocations.

Le metier d\'enseignant attire toujours en 2016. 
Le metier d'enseignant attire toujours en 2016.  (XAVIER LEOTY / AFP)

Le métier d’enseignant attire-t-il toujours en 2016 ? C’est ce qu’a cherché à savoir le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) qui a publié lundi 7 novembre un rapport sur l’attractivité du métier d’enseignant. Une enquête menée sur la base d’un échantillon de 1000 étudiants de 3e année de licence.

Et les chiffres sont plutôt encourageants. Environ 40% des étudiants en histoire, anglais et sciences et vie de la terre (SVT) envisagent aujourd’hui de devenir enseignants.

Un métier qui attire mais pas dans toutes les matières

Le métier d’enseignant reste un métier passion selon Nathalie Mons la présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire : "Ce n’est pas un métier que l’on choisi par défaut parce qu’il y aurait une crise économique. C’est plutôt un métier auquel on pense très tôt, même dans son enfance… C’est un métier de vocation."

Un quart des étudiants qui se destinent à être professeur y ont pensé dès l’école primaireNathalie Mons Conseil National d'Evaluation du Système Scolaire

Un métier qui est donc toujours attractif, mais pas suffisamment dans toutes les matières ni dans toute les académies. Il existe, en effet, des pénuries d’enseignants en mathématique, anglais, lettres modernes ou encore dans les banlieues parisienne, ce qui oblige à abaisser le niveau des recrutements au concours. Pierre Perrier est l’un des auteurs de ce rapport : "Les seuils d’admission ne sont pas les mêmes, çà tombe à huit sur vingt et même moins dans l’académie de Créteil alors qu’on est à treize ou quatorze dans l’académie de Rennes ou de Montpellier."

Le métier d'enseignant reste attractif : les précisions de Solenne Le Hen
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Une politique stable en la matière est ainsi préconisée dans ce rapport, comme le note Nathalie Mons : "Un quinquennat, on a des suppressions de postes, le quinquennat suivant on essaye de tout rattraper avec des recrutements massifs. Ces alternances conduisent à un recrutement de moindre qualité…"

Revaloriser les salaires pour une meilleure attractivité

Même si le métier fait toujours rêver, il n’est pas vu comme un métier prestigieux. En cause notamment les salaires, c’est ce que souligne Marc Gurgand, un des auteurs : "En moyenne, l’écart de salaire en fin de carrière est d’environ 1000 euros de plus pour quelqu’un qui n’est pas enseignant, avec les mêmes diplômes et le même sexe." Le rapport préconise aussi de prendre en compte l’ancienneté et l’expérience des personnes en cours de reconversion candidate aux métiers de l’enseignement, des trentenaires et des quarantenaires qui sont de plus en plus nombreux.