"Sécurité globale" : associations et syndicats dénoncent des "arrestations arbitraires" lors de la manifestation à Paris

Les forces de l'ordre ont changé de tactique et procédé à près de 150 interpellations dans le cortège.

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Des policiers arrêtent un jeune homme le 12 décembre 2020 à Paris durant la manifestation contre la proposition de loi sur la "sécurité globale". (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Un changement de tactique des forces de l'ordre et près de 150 personnes interpellées. Plusieurs associations et syndicats, ainsi que des élus de La France insoumise (LFI) ont dénoncé dimanche 13 décembre des "arrestations arbitraires" lors de la manifestation contre la controversée proposition de loi sur la "sécurité globale", samedi 13 décembre à Paris.

"Interpellations en masse, charges infondées faisant éclater le cortège, retenues sans motif légitime au-delà du délai légal, gardes à vue notifiées à la chaîne sur la base d'infractions pénales dévoyées..." Pour ces associations dont Attac, le Syndicat national des journalistes ou la Ligue des droits de l'homme, la liste des "dérives inadmissibles" est longue.

"Une souricière"

"Comme nous le redoutions", poursuivent-elles dans leur communiqué, "la manifestation parisienne, bien que dûment déclarée par un collectif d'organisations et autorisée par la préfecture de police, s'est transformée en souricière".

Le député LFI Eric Coquerel a dénoncé sur Twitter la garde à vue "complètement autoritaire de nombreux manifestants". Il a indiqué avoir exercé dimanche son "droit de visite parlementaire dans les commissariats" où étaient retenus des manifestants. D'autres élus LFI comme Alexis Corbière et Danielle Simonnet se sont rendus devant des commissariats de la capitale aux côtés des familles et amis.

Deux journalistes en garde à vue

A Paris, parmi les milliers de manifestants (10 000 selon les organisateurs, moitié moins selon la police), 124 ont été placés en garde à vue, selon un nouveau bilan du parquet de Paris. Parmi eux, au moins deux journalistes : un reporter du média QG et un autre du collectif Reporters en colère (REC).

La garde à vue du premier a été prolongée dimanche, a indiqué à l'AFP la fondatrice de QG, Aude Lancelin. Il est soupçonné d'"attroupement en vue de commettre des violences", de "refus d'obtempérer à un ordre de dispersion" et de "dissimulation du visage". Selon Aude Lancelin, il portait en fait un simple masque de protection. Le reporter de REC a lui été relâché dimanche sans poursuites, a indiqué à l'AFP Emmanuel Vire, du SNJ-CGT.

Des gardes à vue toujours en cours

Deux lycéens interpellés dans le cortège ont eux aussi été libérés sans poursuites dimanche après-midi, tandis que deux lycéennes mineures ont, elles, écopé d'un rappel à la loi, a ajouté Emmanuel Vire.

Selon un bilan provisoire du parquet de Paris dimanche soir, sur les 19 mineurs placés en garde à vue, 14 ont obtenu un classement sans suite dont cinq après un rappel à la loi et quatre ont reçu une convocation devant le délégué du procureur. Dans un cas, la garde à vue levée pour poursuite de l'enquête. Sur les 105 majeurs en garde à vue, 66 ont bénéficié d'un classement sans suite dont 27 après un rappel à la loi.

Six personnes seront jugées en comparution immédiate lundi et une autre a accepté une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Deux personnes ont pour leur part été libérées sans être poursuivies à ce stade mais l'enquête les concernant se poursuit. Trente personnes étaient toujours en garde à vue dimanche soir.

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