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Primaire PS: la dernière ligne droite

François Hollande aborde avec une confiance prudente la dernière phase de la campagne menant au premier tour de la primaire. Phase pendant laquelle Martine Aubry et Ségolène Royal espèrent encore créer une surprise que les sondages n'annoncent pas
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France Télévisions
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De gauche à droite : Royal, Aubry et Hollande en août 2011 à La Rochelle (AFP - PIERRE ANDRIEU)

François Hollande aborde avec une confiance prudente la dernière phase de la campagne menant au premier tour de la primaire. Phase pendant laquelle Martine Aubry et Ségolène Royal espèrent encore créer une surprise que les sondages n'annoncent pas

A deux semaines du jour J, le 9 octobre, les enquêtes d'opinion donnent une avance constante, voire croissante, d'une dizaine de points au député de Corrèze sur la maire de Lille dans la course à l'investiture.

La stratégie du long terme est en train de payer, estime-t-on dans le camp Hollande, sur le chemin de la présidentielle depuis la mi-2009 et candidat depuis mars dernier alors que sa rivale n'a véritablement lancé sa campagne que fin août. "François sentait que la présidentielle se préparerait sur la longueur", analyse un de ses proches, Bruno Le Roux. "Il suit son chemin sans à-coup, sans provoquer l'opinion. C'est une courbe qui monte, inexorablement", constate-t-il. "On ne peut pas prendre la candidature d'assaut", ajoute le député socialiste de Seine-Saint-Denis, un oeil sur l'agenda bien rempli de la maire de Lille.

Rien n'est joué, rétorque François Lamy, bras droit de Martine Aubry, qui croit noter des signes de nervosité dans le camp adverse. "Pourquoi attaquer l'adversaire si vous estimez que vous allez gagner ?", demande-t-il.

De l'intervention de Dominique Strauss-Kahn sur TF1 aux rebondissements de l'affaire Karachi en passant par le marasme boursier, l'actualité s'est invitée dans la campagne que la maire de Lille veut terminer "dans la cohérence". Elle sera lundi en Normandie, et prévoit un grand meeting à Paris le 6 octobre.

Les six candidats se retrouvent mercredi sur le plateau de la télévision privée iTélé pour deux heures de débat, avant une dernière rencontre sur BFM-TV le 5 octobre. Selon les états-majors des candidats, TF1 est en lice pour organiser le débat de l'entre-deux tours, annoncé dans un premier temps sur France Télévisions. Autant d'occasions de faire la différence devant un nombre important de téléspectateurs: cinq millions étaient devant leur poste pour le premier débat sur France 2 le 22 octobre. "Ce débat s'est bien passé, il a 'boosté' la mobilisation sur le terrain", dit François Lamy. "Il faut garder la même tonalité et ne rien faire qui montre des socialistes divisés", poursuit le député PS de l'Essonne.

La position avantageuse (à en croire les sondages) de François Hollande lui a valu ces derniers jours des piques de Martine Aubry et Ségolène Royal. Piques que le député et président du conseil général de Corrèze s'est contenté s'esquiver, laissant à son entourage le soin de répliquer plus sèchement. "L'adversaire de Martine Aubry, c'est François Hollande. On a cru comprendre qu'elle le ciblait, même si aucun de ses propos n'a dépassé ce qui est admissible.", dit Bruno le Roux. Et d'ajouter: "L'adversaire de François Hollande, c'est Nicolas Sarkozy". Histoire de dire que le camp Hollande, lui, voit plus loin et n'oublie pas le vrai enjeu: la confrontation avec la droite...

Pour autant, la garde rapprochée du leader des sondages garde "un oeil, et même deux" sur la campagne de la présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, à qui un partisan de Martine Aubry prédit un score à deux chiffres. "Les sondages se heurtent à l'inconnue d'une primaire qui n'a pas de modèle et la faiblesse des échantillons de personnes interrogées", souligne François Lamy. Une manière de souligner que les enquêtes d'opinion ne sont pas infaillibles et peuvent réserver quelques surprises...

Le PS espère au moins un million de votants au scrutin ouvert à tous les Français inscrits sur les listes électorales, dont le coût devrait dépasser les trois millions d'euros, soit deux fois plus que prévu au départ. Les votants seront accueillis dans quelque 9500 bureaux de vote dotés chacun d'un président et de représentants de plusieurs candidats.

Le vote fera office de test de transparence pour le PS. "Il faut être pointilleux. S'il y a la moindre suspicion, on le paiera très cher", dit un proche de François Hollande. Tandis qu'un proche de la maire de Lille rappelle que "la primaire est le premier acte de la victoire en 2012, quel que soit le résultat".

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