Pour Manuel Valls, "le risque de voir Marine Le Pen au second tour de la présidentielle existe"

Le Premier ministre, qui a pris la parole devant le Conseil national du PS, juge que "la gauche peut disparaître".

Le Premier ministre, Manuel Valls, le 14 juin 2014 à Paris.
Le Premier ministre, Manuel Valls, le 14 juin 2014 à Paris. (FRED DUFOUR / AFP)

"Oui, la gauche peut mourir". Devant le Conseil national du Parti socialiste, le Premier ministre Manuel Valls a brossé samedi 14 juin un tableau très sombre de la situation politique de son parti après les européennes. "Notre pays peut se défaire et se donner à Marine Le Pen", a expliqué le Premier ministre.

Estimant qu'il n'existe "pas d'alternative à gauche" puisque l'échec électoral du PS ne renforce pas "la gauche de la gauche", Manuel Valls a déclaré: "nous sentons bien que nous sommes arrivés au bout de quelque chose, au bout peut être même d'un cycle historique pour notre parti".

"La gauche n'a jamais été aussi faible"

Selon lui, "nous pourrions basculer (...) dans une ère dans laquelle le risque de voir Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle existe. Une ère dans laquelle un des grands partis républicains et cette fois sans que cela soit une surprise... peut être absent de ce grand rendez-vous électoral".

Et de lancer cette mise en garde : "si rien n'est fait, ce peut être la droite, ce peut être nous, par conséquent une ère dans laquelle la gauche peut aussi disparaître". "La gauche n'a jamais été aussi faible dans l'histoire de la Ve République", a-t-il rappelé.

Face à ce constat, le Premier ministre a jugé que "la gauche doit être capable de se dépasser". "Nous devons nous réinventer. Et nous réinventer dans un contexte particulier: l'exercice du pouvoir, faute de ne l'avoir pas fait dans l'opposition", a-t-il conclu.