Popularité : Hollande enregistre un bond historique de 21 points

La cote de François Hollande a rebondi de 21 points, à 40% d'opinions favorables, et retrouvé son niveau de février 2013 dans le baromètre Paris Match-Sud Radio Ifop Fiducial publié lundi. Analyse de Frédéric Dabi qui dirige le département Opinions de l'Ifop.

(François Hollande le 14 janvier sur le Charles de Gaulle lors de ses vœux aux armées © REUTERS / Anne-Christine Poujoulat)

Les attentats de Charlie Hebdo auront au moins permis à François Hollande de retrouver un peu de popularité auprès des Français. Dans le baromètre Paris Match-Sud Radio Ifop Fiducial de janvier publié lundi, le chef de l'Etat rebondi de 21 points et enregistre désormais  40% d'opinions favorables.

"C'est un phénomène rarissime dans l'histoire des baromètres de popularité, jamais un président n'avait gagné autant de points ", explique Frédéric Dabi,  directeur du département Opinion de l'Ifop. "Le seul point de comparaison c'est les 19 points qu'avait gagné François Mitterrand au moment de la guerre du Golfe entre janvier et mars 91, on est sur de l'historique ", ajoute-t-il. "Il l'avait perdu quelques mois après avec le départ de Michel Rocard et l'arrivée discutée d'Edith Cresson ".

La lune de miel avec les Français peut-elle durer ? Réponse de Frédéric Dabi, qui dirige le département Opinion de l'Ifop
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Même niveau que début 2013 lors de l'intervention au Mali

60% des personnes interrogées estiment que le président de la République, dont la gestion des attentats et de leurs suites a été largement saluée, défend bien les intérêts de la France à l'étranger, soit 13 points de plus que dans le précédent sondage de décembre. "Hollande revient au même niveau que début 2013, au moment de l'intervention au Mali qui lui avait fait gagner 6 points ", poursuit Frédéric Dabi sur France Info. 

François Hollande "récolte les fruits d'une séquence parfaitement gérée ", explique l'analyste de l'Ifop, "surtout il a réussi à écarter - mais la question est de savoir si c'est durable - les reproches récurrents en terme de molesse, de manque de fermeté et d'autorité ". "Pour la première fois il progresse chez les sympathisants UMP, il gagne 16 points " et "à l'extrême gauche, il progresse moins, mais progresse quand même ".

L'approbation de sa politique économique progresse également mais reste à un niveau faible (+7 points à 24%), et 23% des Français souhaitent aujourd'hui la réélection de François Hollande, contre 14% un mois plus tôt.

Manuel Valls au plus haut depuis son arrivée à Matignon

Le taux d'approbation du Premier ministre Manuel Valls a progressé de son côté de 17 points à 61%, soit un plus haut depuis son arrivée à Matignon en mars dernier. "Autre fait historique, il est rarissime qu'un Premier ministre obtienne son meilleur score de popularité en cours de mandat. Il n'était qu'à 58% au moment de son arrivée à Matignon en avril 2014. Là, clairement les Français voient dans Manuel Valls qu'il a fait un sans-faute. Il change peut-être de statut. Les Français voient en lui un homme d’État ", indique Frédéric Dabi. "On est sur un quinquennat imprévisible, de l'inédit" , conclut Frédéric Dabi. "Dans à peine deux mois, les élections départementales risquent de fissurer cette union nationale et de refabriquer du clivage gauche-droite. Il y a aussi les craintes économiques, qui étaient au cœur de l'impopularité de François Hollande. La parenthèse des attentats a saturé l'espace médiatique mais ces différentes insatisfactions économiques liées à la crise vont sans doute remonter à la surface ", analyse-t-il.

(L'évolution de la cote de popularité de François Hollande et Manuel Valls © Idé)