Plan d'économies : "J'assume, oui j'assume" Valls devant l'Assemblée

Le Premier ministre a tenté pendant 40 minutes de convaincre les députés PS lors d'un discours sur son plan d'économies. Un plan de 50 milliards que Manuel Valls a réajusté cette semaine. Il sera soumis au vote en fin d'après-midi, mais on sait déjà qui devrait voter en faveur et qui devrait voter contre. Pour Manuel Valls, le résultat "conditionne la légitimité du gouvernement".

(Charles Platiau Reuters)

Pendant 40 minutes, Manuel Valls a présenté devant l'Assemblée nationale son plan d'économies. Voici le résumé : 

"Le vote d'aujourd'hui est un moment de vérité. Ce n'est pas un vote indicatif, c'est un vote décisif. Il invite au dépassement de nous-même" (Manuel Valls)

Au début de son discours, Manuel Valls a évoqué le dossier Alstom, qui occupe la classe politique et industrielle depuis quelques jours. Alstom est un "enjeu stratégique national ", "nous serons extrêmement vigilants ".

Le Premier ministre a ensuite réaffirmé que sa priorité était "la croissance,
emploi et pouvoir d'achat. Ce vote est une impulsion pour mettre en œuvre le
pacte de responsabilité
", a-t-il déclaré. 

"Nous devons mettre un terme à ce réflexe de la hausse des impôts" (Manuel Valls)

Puis une phrase a suscité un peu d'agitation : "Nous devons mettre un terme à ce réflexe de la hausse des impôts qui s'est vérifié depuis 2010 ". Applaudissements et mécontentements. "Le pacte est un immense levier de confiance pour aller chercher la croissance et la compétitivité ".

"Le plan est calibré et bien réparti" (Manuel Valls)

Le Premier ministre a dit avoir deux convictions sur ce plan d'économies : "Il est calibré pour notre redressement. Il est juste car il tient en compte le dialogue que j'ai eu avec les groupes de la majorité et j'ai aussi écouté l'opposition ". Plus important encore pour lui, le résultat du vote "conditionne la légitimité du gouvernement ".

Manuel Valls a ensuite parlé d'autres sujets, comme la réforme territoriale. "On en parle depuis des années mais rien n'a été fait, il faut donc avancer sur ce sujet ". Il se dit "prêt " à "aller plus vite encore ". Ainsi que sur l'éducation : "30.000 postes seront créés dans l'Education nationale d'ici 2017 ".

"Préparer l'avenir, ce n'est pas l'austérité, c'est faire des choix" (Manuel Valls)

Depuis qu'il l'a annoncé début avril, le plan de Manuel Valls a suscité l'énervement au sein même du PS. Le Premier ministre prévoit de faire 50 milliards d'euros d'économies, en gelant notamment le point d'indice qui sert de base à la rémunération des fonctionnaires. Sur ce point, Manuel Valls n'a pas fait de compromis. Sur d'autres, comme les petites retraites, il en a fait.

►►► DECRYPTAGE | Plan d'économies : qu'y a-t-il dans les 50 milliards ? Qui va les payer ? 

Intentions de votes

On sait déjà que la quasi-totalité des
députés PRG vont voter en faveur du programme de stabilité. Deux d'entre eux
vont s'abstenir.

Les députés PS balancent. Entre la volonté d'un "vote d'alerte" et le souci d'éviter "un geste de défiance". 

Les centristes de l'UDI, eux, devraient s'abstenir.
Le président du groupe Philippe Vigier a déploré "l'absence de courage " du gouvernement sur des mesures structurelles.

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Entre "97% et 99% " des députés UMP
voteront contre, a affirmé ce mardi Christian Jacob, président du groupe UMP à
l'Assemblée nationale. Votes contre également de la plupart des députés Verts.