Patrick Devedjian a estimé qu’il y avait eu un "vote communautaire" religieux lors de la présidentielle

Début de polémique jeudi 10 mai : une étude révèle que 93% des Français de religion musulmane ont voté pour François Hollande à la présidentielle. Une autre étude montre que 79% des catholiques pratiquants ont choisi Nicolas Sarkozy.

Un musulman à la Grande mosquée de Strasbourg en août 2011
Un musulman à la Grande mosquée de Strasbourg en août 2011 (AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG)

Début de polémique jeudi 10 mai : une étude révèle que 93% des Français de religion musulmane ont voté pour François Hollande à la présidentielle. Une autre étude montre que 79% des catholiques pratiquants ont choisi Nicolas Sarkozy.

La religion a-t-elle clivé le scrutin présidentiel ? C'est en tout cas l'opinion de Patrick Devedjian. Celui-ci a estimé mercredi qu'il y avait eu "un vote communautaire" lors de la présidentielle.

Invité de "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP, le président UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine estimé que ce clivage politique menaçait "l'unité de la nation".

"Souvent aux Etats-Unis par exemple, l'attitude des républicains a conduit la communauté noire à voter systématiquement démocrate, a expliqué M. Devedjian. C'est un handicap à la fois pour un parti politique, et c'est aussi quelque chose d'assez grave pour l'unité d'une nation que le clivage politique puisse refléter une différence d'origine des individus".

Consolidation du multiculturalisme ?

Selon un journaliste du Figaro, ces résultats sont la conséquence des vœux formulés par le think tank proche du Parti socialiste Terra Nova, qui a publié en mars 2011 une étude intitulée "Débat sur l'islam : pour une citoyenneté musulmane".

L'étude souligne que "l'intérêt général du pays" est d'accompagner l'évolution de la société en faisant émerger une "puissante citoyenneté musulmane", afin que les musulmans deviennent "acteurs du changement", notamment grâce à l'encouragement au vote

Y'a-t-il un risque de consolider le multiculturalisme en France ? C'est en tout cas la crainte de ce journaliste.

Manifestation de l\'Institut Civitas en décembre 2011 à Paris [nid:136387]
Manifestation de l'Institut Civitas en décembre 2011 à Paris [nid:136387] (AFP PHOTO FRED DUFOUR)

Les catholiques ont choisi Nicolas Sarkozy

Il faut dire que le vote catholique n'est pas en reste dans ce début de polémique. Selon un sondage Harris interactive, réalisée le 6 mai pour l'hebdomadaire La Vie, 79% des catholiques pratiquants réguliers et 62% des pratiquants occasionnels ont voté pour Nicolas Sarkozy.

Le Canard enchaîné du mercredi 9 mai raconte lui comment l'évêque de Blois, Mgr Maurice Le Bègue de Germiny, a lui donné des consignes de vote pour la présidentielle sur son blog.

"J'estime de mon devoir d'évêque d'appeler les électeurs à être cohérents avec leur foi, et ce sur deux points : droit des personnes âgées, malades ou dépendants d'être accompagnées et soignées jusqu'au terme naturel de leur vie, sans acharnement thérapeutique ni euthanasie ; droit des enfants d'être conçus et élevés par un père et une mère…", écrit-il.

Un appel à voter pour Nicolas Sarkozy. Ces deux arguments sont en effet difficilement compatibles avec le programme de François Hollande, qui se dit favorable au mariage gay ainsi qu'à une "assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité".

Quant aux protestants, une majorité d'entre eux (53,5%) auraient voté pour le candidat Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, d'après un sondage Ifop publié fin mars.

"Transgression du principe de laïcité"

Plus encore, l'Institut Civitas, proche des catholiques traditionnalistes, a appelé mercredi à une marche, prévue le 13 mai prochain à Paris, contre le président élu François Hollande "dont le programme effraie et divise profondément les Français.

Fin avril, c'était un appel supposé de "700 mosquées" à voter pour François Hollande - démenti par le Conseil du culte musulman (CFCM) - qui avait créé la polémique. Des députés UMP avaient alors dénoncé une "transgression du principe de laïcité".