Grève inédite à l'Assemblée : des collaborateurs parlementaires dénoncent leurs conditions de travail

Ces collaborateurs parlementaire ont fait grève plusieurs heures mardi après-midi pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque d'instance représentative pour négocier avec leur direction.
Article rédigé par France Info, Victoria Koussa
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Plusieurs dizaines de collaborateurs parlementaires se sont rassemblés le 7 novembre devant l'Assemblée nationale pour dénoncer notamment leurs conditions de travail. (VICTORIA KOUSSA / RADIO FRANCE)

En grève pour dénoncer leurs conditions de travail, plusieurs dizaines de collaborateurs parlementaires se sont rassemblées devant l'Assemblée nationale, en début d'après-midi mardi 7 novembre. Les députés communistes Fabien Roussel et Sébastien Jumel sont venus leur apporter leur soutien.

Cet appel à la grève a été lancé par la CGT-Collaborateurs Parlementaires. "Celles et ceux qui font le droit ne le respectent pas", écrit le syndicat dans un tract, ciblant ainsi les députés qui "menacent de licenciement" un "collègue qui tente de faire respecter les clauses de leur contrat".

En tout, il y a 2 000 collaborateurs parlementaires dont 1 000 à Paris, le reste est en circonscription. Selon la CGT, le nombre de "licenciements abusifs déguisés sous forme de ruptures conventionnelles" est en augmentation. "Plus d'un an après le début de la XVIe mandature à l'Assemblée nationale, le constat est alarmant. 577 député.es employeur.euses [...] font leur propre loi dans leur cabinet", dénonce la CGT.

"À quoi servent le droit, les accords collectifs et les consultations des organisations syndicales si les parlementaires décident ou non de respecter la loi selon leur bon vouloir ?"

CGT-CP

dans un communiqué

La CGT demande "un statut" et des "formations obligatoires"

Le syndicat explique que les salariés "rencontrent des difficultés pour faire respecter les règles les plus élémentaires du droit du travail". Pour ces collaborateurs parlementaires, la liste des griefs est longue. "Il y a des heures supplémentaires non payées ou non déclarées, du harcèlement, un droit à la déconnexion qui n'est pas respecté c'est-à-dire des messages à n'importe quelle heure à n'importe quel jour sans caractère d'urgence", détaile Brian Blactot, de la CGT-CP.

La CGT demande la création d'un "statut pour les collaborateurs de parlementaires et de groupe, l'établissement d'une grille salariale, une reconnaissance de leurs qualifications et des fiches de postes obligatoires". Le syndicat réclame aussi des "formations obligatoires pour les employeurs" qui gèrent des équipes souvent très jeunes surtout au moment où le rythme est effréné. "Cette mandature est particulière, explique Sébastien Ramage de la CGT-CP. Vous avez des 49.3 dans tous les sens donc il y a des fois une perte de sens dans le travail. Vous avez une intensification du rythme parlementaire et cela à une conséquence sur notre travail."

Une période propice selon sa collègue Manon Amirshahi aux licenciements abusifs : "Notamment après la réforme des retraites, il y a un moment où on tire sur la corde. On ne respecte absolument pas le code du travail."

"On va rincer des collègues et après les jeter comme des malpropres. Il y a un énorme turnover dans les cabinets parlementaires."

Manon Amirshahi, secrétaire générale de la CGT-CP

à franceinfo

Les députés communiste Fabien Roussel et Sébastien Jumel se sont joints au rassemblement des collaborateurs parlementaires près du palais Bourbon. "Ni ombre, ni petite main de personne", a écrit sur X Sébatien Jumel. "L'ancien collaborateur que je suis veut exprimer sa solidarité avec ces salariés indispensables au travail parlementaire, consubstantiels à l’élaboration de la loi", a ajouté le député de la 6e circonscription de Seine-Maritime. 

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