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Nicolas Sarkozy annonce sept mesures pour "redresser l'économie française"

Lors d'une intervention télévisée d'une heure dimanche soir, Nicolas Sarkozy a annoncé sept dispositions censées aider la France à sortir de la crise qu'elle traverse et gagner en compétitivité. FTVi récapitule. 

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France Télévisions
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Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée, dimanche 29 janvier 2012.  (AFP)

Alors que certains à droite s'inquiètent de plus en plus de la position de Nicolas Sarkozy dans les sondages - selon le dernier baromètre CSA, François Hollande le battrait au second tour avec 60 % des suffrages -, le chef de l'Etat a tenté de se positionner en homme politique courageux lors de son intervention télévisée dimanche 29 janvier. Et a annoncé sept réformes. FTVi récapitule.

• Baisse des cotisations patronales, hausse du taux de TVA

C'est la principale annonce de la soirée et elle se place dans le cadre de la mise en place d'une "TVA antidélocalisation". Pour doper l'économie et la "compétitivité", le financement d'une partie de la protection sociale est transféré sur la TVA.

D'un côté, les entreprises bénéficieront d'une exonération totale des cotisations patronales sur les salaires compris entre 1,6 et 2,1 fois le Smic, soit près de 13 milliards d'euros. De l'autre, le taux de TVA principal passera de 19,6 % à 21,2 %, soit une augmentation de 1,6 point. Selon les économistes, une telle augmentation correspondrait à des gains d'environ 10 milliards d'euros pour l'Etat. Une mesure qui vient contredire ce que Nicolas Sarkozy lui-même disait en octobre dernier, lorsqu'il s'opposait à toute hausse "généralisée" de la TVA car "cela pèsera[it] sur la consommation" (voir la vidéo).

Alors que les députés de la majorité craignent une décision très impopulaire, à l'approche de la présidentielle et des législatives, le chef de l'Etat a cette fois expliqué ne croire "en rien" à une augmentation des prix, et ce grâce "à la concurrence"

• Une hausse de deux points de la CSG sur les revenus financiers

En plus de la hausse du taux principal de la TVA, Nicolas Sarkozy a annoncé une hausse de deux points de la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus financiers. Il a estimé qu'il était "normal que les patrimoines les plus aisés participent à ce travail". Cette hausse devrait rapporter quelque 20 milliards d'euros à l'Etat.

• Davantage de logements sur un même terrain

"Tout terrain, toute maison, tout immeuble verra sa possibilité de construction augmenter de 30 %." Applicable dès son adoption par le Parlement et pour trois ans, cette mesure devrait "augmenter considérablement le nombre de logements, donc [faire] pression sur les prix". Nicolas Sarkozy espère aussi que cela donnera "un travail formidable à l'industrie du logement", emplois non-délocalisables.

Mais Le Figaro indiquait samedi que "cette mesure n'est pas facile à mettre en œuvre", notamment parce qu'elle risque de provoquer "une multiplication des recours contre les permis de construire déposés par des habitants, inquiets que des immeubles très hauts soient construits près de chez eux"

• Une mesure en faveur de l'apprentissage

Présenté dès le mois prochain à l'Assemblée nationale, un texte prévoit le relèvement à 5 % du quota de jeunes en apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés. C'est un point de plus qu'actuellement. Le gouvernement prévoit aussi de doubler les sanctions en cas de non-respect de cette règle. 

Pour Nicolas Sarkozy, qui s'est beaucoup appuyé sur "l'exemple de l'Allemagne", il s'agit d'"ouvrir les portes des entreprises" aux jeunes, notamment dans le secteur des services.

Du côté du patronat, la CGPME demande à l'exécutif de "laisser le temps aux entreprises de s'organiser". "Les employeurs prendront leurs responsabilités. Mais attendons au moins d'avoir un bilan clair de l'impact de la réforme de 2011", appuie le Medef.

La création d'une banque de l'industrie

Dès février, une filiale d'Oséo, la banque des PME dotée d'un milliard d'euros de fonds propres, sera créée. Appelée "banque de l'industrie", elle doit remédier aux problèmes d'accès au crédit rencontrés par les "établissements de taille intermédiaire qui sont le cœur de l'économie".

"Les chefs d'entreprise me le disent tous les jours : les banques ne prêtent pas assez. Quand les banques prêtent, elles prêtent trop cher", s'est justifié le président.

• Des accords de compétitivité pour plus de flexibilité

Ce dispositif doit permettre aux entreprises d'adapter le temps de travail, voire le salaire, en fonction du carnet de commandes afin de permettre aux entreprises de gagner en compétitivité. Des négociations avec les partenaires sociaux sont prévues dès lundi. 

Dans le détail, l'objectif de ces "accords de compétitivité" consiste à soutenir les patrons qui souhaitent soit augmenter le temps de travail sans relever le salaire, soit maintenir le temps de travail en baissant le salaire, soit réduire le temps de travail ainsi que le salaire. Une mesure qui suscite le scepticisme des économistes et la colère des syndicats, comme nous le soulignions dans cet article.

• Une taxe sur les transactions financières

Comme il l'avait indiqué début janvier, Nicolas Sarkozy a confirmé la mise en place d'une taxe sur les transactions financières, applicable dès le mois d'août.

Elle serait de 0,1 % et vise à "éviter les délocalisations". La France l'adopterait donc seule, sans ses partenaires européens, même si Nicolas Sarkozy espère "créer un choc" et "montrer l'exemple".

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